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28 avril 2008

Duel : Spielberg seul au sommet

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Steven Spielberg ne doutait déjà de rien. A 25 ans, il réalise son premier long métrage, Duel, à partir d’une nouvelle de Richard Matheson, auteur et scénariste de nouvelles de science-fiction et d’épouvante.

Mono-intrigue, le film tourne exclusivement autour d’une course-poursuite entre deux véhicules : la Plymouth modèle Valiant de David Mann (Dennis Weaver), représentant de commerce pressé d’arrivé à son rendez-vous professionnel et le Peterbuilt 351, un quarante tonnes tout droit sorti des enfers. Sur la route, la Plymouth est ralenti par le camion, et le double à la première occasion. Mann s’aperçoit ensuite, dans son rétroviseur que le conducteur  n’a pas accepté de se faire dépasser. Le camion charge la Plymouth...

Spielberg en fait beaucoup. Avec peu. Le film est tourné en douze jours, avec un tout petit budget. L’analogie au style western est ici flagrante. Et pas seulement dans le titre. Comme dans chaque road-movie, la caméra s’attarde sur les grands espaces. La voiture, symbole de l’American way of life, comme cowboy solitaire poursuivi par la machine.

L’exercice de style est presque trop académique, tant le jeune réalisateur cherche à nous montrer qu’il peut tenir le spectateur en haleine grâce à sa seule virtuosité technique. Duel est un mémoire de recherche cinématographique. Forc est d’avouer que le pari est tenu, remporté avec félicitations du jury.

23 avril 2008

Young Yakuza : du Vrp au crime organisé

f7da1fa4fae2803b57e4adfa86b3eb52.jpgAllocution hachée, usage optimal du silence dans la conversation, gestuelle torturée, monsieur Ishi semble avoir tout retenu du cinémafia hollywoodien. Jusqu’au polo élasthané qu’il ose, et qui détonne, au milieu de tous ses hommes de main costumés cravatés. A la tête du clan yakuza Kumagai-Gumi, notre boss aime à se présenter en entrepreneur.

Mafieux à temps plein, il lui faut lier ressources humaines et profitabilité. Côté gestion des hommes, Young Yakuza nous en apprend un paquet. Comment les petites graines de criminels apprennent à servir le thé à leur chef, le plus docilement du monde. Comment ils font attention à ne pas se tromper de frigo, parce qu’ « il y a celui du boss, et il y a le nôtre ». Comment ils veillent à leur coupe de cheveux, par souci d’image.

Représenter, c’est d’ailleurs ce que ces yakuzas font de mieux. La caméra de Jean-Pierre Limosin les suit déambuler dans un centre commercial de la banlieue de Tokyo. Rien n’arrive. Pas de règlement de compte dans la rue, à la napolitaine. Pas de pizzo sicilien, la rançon qu’exige Cosa Nostra des commerçants de quartier. Le boss s’alarme juste d’un autocollant, distribué par la police. Il y est inscrit que les organisations criminelles ne sont pas les bienvenues. A bon entendeur.

Avant, il a fallu avaler le discours sauce managériale que le boss nous a servi en entrée. Il n’a accepté le tournage qu’à une seule condition : que rien des activités illégales de son clan ne fuite. Quitte à le faire passer pour un guignol du crime. C’est réussi.

18 avril 2008

Penn à y croire

f4ce1576aa1b51985694dd544b9d9d1a.jpgIl est né entre Santa Monica et Burbank, à quelques centaines de mètres de la colline aux stars, Hollywood. Dans une famille de cinéma. Papa Leo Penn derrière la caméra, maman Eileen Ryan, actrice de son état, devant. Sean Penn est, à l’instar de son frère Chris, très tôt attiré par le septième art. A vingt deux ans, il joue dans son premier long-métrage, Taps. Pour ne plus s’arrêter.

A tout avoir pour lui, Sean Penn agace presque. Ses conquêtes féminines et ses frasques de jeunesse font, à ses débuts, beaucoup pour sa notoriété. Penn y va même d’un petit séjour en prison, 32 jours, qu’il met à profit pour lire du Montaigne. « Il était l’écrivain idéal pour conceptualiser ce qu’il m’arrivait » avouera t-il en sortant.

Une consécration à venir
Ses convictions militantes détonnent à Hollywood. Penn ne se contente pas de jouer des rôles audacieux, il croit au pouvoir politique de ses films. Sa dernière réalisation, Into the wild retrace la fuite d’un jeune homme qui quitte l’existence confortable qui lui est promise pour un peu de spiritualité en plus. Dans son prochain film, Milk, dirigé par Gus Van Sant, Penn incarne un homme politique gay.

Il ne manquait à Sean Penn qu’une dernière consécration. Il l’obtiendra, en mai prochain, en présidant le jury du Festival de Cannes 2008. Son prix d’interprétation gagné sur la Croisette en 1997 et son oscar du meilleur acteur pour Mystic River empoché en 2003 n’auront pas suffi. La reconnaissance de ses pairs non plus. On s’en doutait à peine.

13 avril 2008

Délivrez-nous du mal : Le bon dieu sans confession

cddcb4756a64ba8a4503c6232c1761b6.jpgOliver O’Grady incarnait « ce qui ressemblait le plus à l’image que l’on se fait de Dieu ». Chaque matin, il lisait la Bible. Le soir, il priait avant d’aller s’endormir. Peu après qu’il s’installe en Californie, au milieu des années 70, sa bonhomie contagieuse lui vaut déjà les faveurs de nombreuses familles américaines. Lui, le prêtre irlandais d’une vingtaine d’années, à peine débarqué sur le nouveau continent qu’il s’efforce déjà à perdre son accent.

« Nous l’avons fait entrer dans la bergerie. Lui, c’était le loup, moi, j’étais la gardienne. Je l’ai laissé rentré chez moi, dans ma famille, et il a tout détruit ». Derrière l’image du prêtre O’Grady, pieux et vertueux, se cache la figure d’un prédateur insatiable. De 1974 à 1984, il reconnaît le viol de plus de 25 enfants. Quelques uns de ses témoins estiment le nombre de ses victimes à plusieurs centaines. En 1993, il est condamné à 14 ans de prison.

Le documentaire d’Amy Berg, Délivrez-nous du mal, sorti le 8 avril, retrace le périple du père Oliver O’Grady à travers la Californie. Il emménage à Lodi, pas loin de Sacramento pour officier à l’église Saint-Anne. Les premières affaires sortent, mais le clergé veille à protéger les siens. La loi du silence avant toute chose. Au courant, l’archevêché de Los Angeles décide de déplacer O’Grady de 80 kilomètres. Son nouveau terrain de chasse, Stockton. Puis Turlock. Puis San Andreas. Puis Hughson.

L’Eglise catholique prend la décision de muter O’Grady dans un nouveau périmètre à chaque fois que le pédophile est sur le point d’être inquiété. Au total, il officiera pendant 22 ans. L’archevêque Roger Mahony, devenu depuis cardinal, est le principal responsable de cette tragédie. Craignant une crise dans son évêché, il sacrifie tous ces enfants au maniaque, sur l’autel d’une respectabilité à sauvegarder.

La vérité est parfois difficile à regarder. Délivrez-nous du mal est une plongée de deux heures, en apnée, dans les entrailles de la misère humaine. « Je veux me promettre à moi-même qu’il s’agit là de la plus honnête de mes confessions » garantie Oliver O’Grady. Dans un ultime sursaut, c’est le pape en personne qui en prend pour son grade. Benoît XVI est accusé par la réalisatrice d’avoir couvert tous ces agissements.

Pour en savoir plus, visitez le site officiel du documentaire.


 Amy Berg répond ici à un magazine américain. Elle revient sur sa réalisation dans la vidéo ci-dessous. 

09 avril 2008

Mongol : Gengis et fils

3a7d22c5e23649d2d306a14a077c6a52.jpgMongol vient de sortir ce mercredi dans les salles. De mémoire, il s’agit d’un des tout premiers films russes à grand spectacle depuis l’éclatement de l’empire soviétique. La Russie, terre de cinéma et de quelques uns de ses fondateurs avait disparu du planisphère Septième art depuis bien longtemps.

Mongol retrace la première partie de la vie de Temudjin, esclave puis jeune chef tribal destiné à devenir le grand Gengis Khan. A sa mort, il a conquit la moitié du monde, de la Corée à l’Ukraine. Considéré comme le fondateur de l’empire mongol, il est une figure adulée en Mongolie. A tel point que les officiels ont baptisé l’aéroport d’Oulanbator, la capitale du pays, de son nom. Gengis Khan était déjà le nom d'une bière, d'une vodka...

Ironie du réalisateur Sergei Bodrov. Son film est une hagiographie de l’un des plus féroces envahisseurs qu’ait connu la Russie. Bodrov se défend dans un entretien qu’il a livré au Figaro : « J'avais envie de rétablir la vérité à son sujet, de lutter contre les stéréotypes et l'histoire officielle ».

Dépaysement total, la bande annonce en russe :



L'acteur principal, Tadanobu Asano est japonais. Très connu là-bas, il a joué dans Zatoichi, le film de Takeshi Kitano. Vous voulez en savoir plus sur cet acteur, cliquez ici.

06 avril 2008

Indiana Jones IV : Sortie le 22 mai

Harrison Ford est de retour. Avec encore un titre à rallonge : Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal. Sortie mondiale prévue en plein festival de Cannes, le 22 mai. Plus que six semaines d'attente. 

 

 

05 avril 2008

Free the West Memphis Three

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Pour beaucoup d’Américains, les noms de Damien Echols, Stephen Baldwin, et Jessie Miskelley sonnent familier. Trois hommes liés à l’une des histoires les plus glauques qu’ait connu les Etats-Unis.

Des faits sordides. Le 6 mai 1993, les corps de trois garçons de huit ans sont découverts dans un bois de la banlieue Ouest de Memphis, Tennessee. Ils ont été torturés et mutilés dans la nuit.

La ville s’embrase. Terrifiés par ce triple meurtre, tous les habitants de West Memphis font cause commune. Il leur faut un bouc émissaire. Ce sera un groupe de jeunes gothiques, qui avait pour habitude de se réunir dans ce même bois.

Galvanisés par l’inspecteur en charge de l’enquête, qui multiplie les déclarations hâtives et nie toute présomption d’innocence, échaudés par les incantations souffreteuses du curé de la paroisse, les familles des victimes entament une véritable croisade. La tête de ces trois jeunes pour toute vengeance.

Aucune preuve, rien. Le procès est un simulacre de justice. Damien Echols, présumé être à la tête du groupe sataniste est condamné à mort. Il n’a pas vingt ans au moment où tombe la sentence. Il est aujourd’hui encore dans le couloir de la mort. Jason Baldwin et Jessie Miskelley, plus jeunes, sont condamnés à perpétuité. Ils sont eux aussi, quinze ans après, derrière les barreaux.

Les documentaires Paradise Lost 1 et 2 de Joe Berlinger et Bruce Sinofsky sont des témoignages irremplaçables. Illustration croisée d’une loi du Talion aux accents girardiens (le bouc-émissaire), ils mettent à jour tout l’aveuglement et toute la cruauté humaine. A ranger en très bonne place, dans la catégorie « Erreurs judicaires », à côté d’un autre très grand documentaire de Jean-Xavier de Lestrade, Un coupable idéal.

Sachez que le combat pour la libération des West Memphis Three continue. L’énorme mobilisation autour de leur cause n’a pas encore suffi à la réouverture d’un nouveau procès. Pour en savoir plus sur le groupe de soutien des WM3, cliquez ici.

02 avril 2008

Camping versus Disco

On prend presque les mêmes, et on recommence...

Avec Disco, Fabien Onteniente fait une nouvelle fois dans la finesse.5b8baf30a3f8a9e9f4dcb2029c63c0f1.jpg

Nos héros portent des maillots de foot d'équipe de L2, histoire de faire encore un peu plus loosers : Nantes pour Camping, Le Havre pour Disco. Et la blague du slip kangourou. Celle-là, elle fait toujours marrer. Dans Camping, elle était évidente, dans Disco, Onteniente a quand même réussi à la caser. Puis il y a les coiffures à la con. Ca, c'est le créno Dubosc, tantôt pento, tantôt moumoute. Sans oublier le marcel, omniprésent dans les deux films. Et bien d'autres...

Ca, c'était la bande annonce de Camping :  

Ca, c'est la bande-annonce de Disco

 
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