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30 mars 2008

Californication : piments rouges réclament justice

ae94380a4a8a41030594d6433c3a8196.jpgLes Red Hot Chili Peppers à l’attaque. Ils ont décidé de poursuivre en justice la chaîne américaine Showtime. La raison du litige ? Le nom de la nouvelle série en vogue outre-atlantique, Californication. Car Californication est aussi le titre de l’album des Red Hots sorti en 1999. Anthony Kiedis, chanteur du groupe dénonce ce plagiat dans le magazine Rolling Stone: "Californication est l'album, mais aussi le single et le clip le plus connu du groupe, et il n'est pas normal qu'une série télé puisse voler notre identité".

Les producteurs de la série n’en sont pas restés là. Ils ont même poussé le vice jusqu’à appeler un personnage de la série Dani California. Or Dani California est aussi le nom d’un autre titre des Red Hots, tiré de l’album de 2006, Stadium Arcadium. Visiblement, le clin d’œil est peu apprécié par le groupe, qui réclame des dommages et intérêts. Ironie de l'histoire, au moment de la sortie de leur single, les Red Hot ont été eux aussi accusés d'avoir plagié une chanson de Tom Petty, Last dance with Mary Jane. A l'époque, Petty n'avait pas entamé de poursuite judiciaire. Mauvais joueurs les Red Hot...qui n'acceptent pas qu'on plagie leur plagiat.
 
La comparaison est à charge pour le groupe californien. A vous de juger :   
 
  
Pour info, le clip de Dani California est de Tony Kaye, le réalisateur d'American History X. 

En attendant, la série Californication remporte un franc succès partout où elle est diffusée. Rapidement, elle met en scène un écrivain en panne d’inspiration à Los Angeles. La diffusion a débuté cet été aux Etats-Unis. En France, la série a débarqué sur M6 le 14 mars dernier. Et s’en tire plutôt bien, avec 20 % des parts de marché.

Voici le trailer de la série :  
 

28 mars 2008

Mumia Abu Jamal clame toujours son innocence

5dad32a6ceea95867f657bbb666c7059.jpgLa cour fédérale d'appel de Philadelphie vient d'annuler la condamnation à mort de Mumia Abu Jamal, accusé du meurtre d'un policier en 1981. La cour n'a toutefois pas reconnu l'innocence d'Abu Jamal : il écope d'une peine de réclusion criminelle à perpétuité. (Source AFP)

Le documentaire du réalisateur gallois Marc Evans In prison for my whole life, sorti l'année dernière, revient sur l'affaire Abu Jamal :

27 mars 2008

Dany Boon plus fort que de Funès

Enorme succès populaire pour Bienvenue chez les chtis. Le film de Dany Boon dépasse la Grande Vadrouille de Gérard Oury. 17 millions d'entrées en France métropolitaine, plus de 800 000 en Belgique, et le phénomène n'est pas près de s'arrêter. Sur la route de la gloire, plus que Titanic -21 millions de spectacteurs- à détrôner.

La sortie américaine de Bienvenue chez les Chtis est prévu pour avril. Le film aura l'honneur de faire l'ouverture du Festival du film français de Los Angeles. Le titre anglais : Welcome to the land of Sh'tis. Un choix un peu polémique. Dans le contexte actuel, espérons que les Américains ne confondent pas Sh'tis et Shites (Les Chiites en anglais)

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Autre remarque, la question des sous-titres. Comment traduire le chtimi en américain ? Vaste débat...

PS : Pour les fans, voici en exclusivité Cinemoi traduit en Chti.  

26 mars 2008

Lille : le court-métrage à l'honneur

Le Festival du cinéma européen a ouvert ses portes vendredi dernier à Lille. L’occasion de faire le point, à mi-chemin, sur la portée de l’Evénement « court-métrage » de l’année.  

Salle 9 de l’UGC Ciné-Cité, mardi soir. Le Festival du cinéma européen a délaissé Tourcoing et son Fresnoy, et emménage pour quelques jours en plein centre-ville de Lille. Au programme de ce soir, présentation du jury et projection de court-métrage. Claude Pinoteau, le président cru 2008 s’empare du micro, salue l’inititiative et passe le relais à ses collègues du jury, Philippe Nahon, Gérard Lauzier, Serge Avedikian. Tous aussi brefs les uns que les autres. Sophie Duez, plus prolixe, fait le point sur son parcours personnel. "Je ne travaille pas à Paris, mais au Théatre national de Nice. Ce n’est pas parce que je suis en région que je ne fais plus rien. Au contraire." Jean-Francois Derec, en grande forme, remercie le président du Jury pour le traitement de faveur dont il a bénéficié :  carbonade le matin, welsh à midi. Ce soir, il veut faire régime "à la bière". "Et merci pour les filles dans ma chambre d'hôtel" ajoute t-il tout sourire. Rires dans la salle.

Huit court-métrages suivent. Certains témoignent d’une grande créativité (Plus ou moins, Tony Zoreil), d’autres d’une parfaite maîtrise de la mise en scène (Orange Juice, Une leçon particulière). Mention spéciale pour ce dernier, un face-à-face sensuel entre une professeur de littérature et son élève.


Stéphanie, membre de l’association Prix de Court qui organise le Festival attend « encore plus de monde »

Après cinq jours, quel bilan tirer du Festival ?
On a beaucoup plus de monde que l’année dernière. Les projections au Fresnoy de samedi et dimanche ont plutôt bien marché. On attend beaucoup des séances à l’UGC de Lille, même s’il est difficile de faire le bilan comptable maintenant. (Les premières projections ont eu lieu hier). On attend encore plus de monde.

Et les retours du public ?
Très bons. Il y a du monde à nos séances, et les court-métrages sont de qualité. Que demander de plus ? Encore du monde. Le Festival se termine vendredi prochain. Au programme, remise des prix par le président du jury Claude Pinoteau et soirée de clôture. Pour ceux que ça intéresse, c’est à 20 heures à l’UGC.

25 mars 2008

Requin parmi les siens

Rob Stewart ne manque pas d’air. En plus d’être un apnéiste hors pair, il se montre marketeur de génie. La bande-originale de son documentaire Les seigneurs de la mer n’a pas à pâlir face aux derniers blockbusters hollywoodiens. La voici en intégralité :



Sur internet, le site du film sharkwaters.com est un modèle du genre. L’internaute est prévenu à l'avance, the truth will surface (La vérité au grand jour). Il est même possible de signer une pétition en ligne. Si vous voulez sauver les requins, cliquez ici.

Mais qui est Rob Stewart ? Le plongeur-biologiste-documentariste est né à Toronto. Malheureusement pour lui, les requins ont toujours préféré les eaux tempérées de la mer des Caraïbes à la glace du lac Ontario. Rob doit donc quitté son Canada. A neuf ans, il embarque pour les îles Caïmans. Il y rencontre son premier requin. Coup de foudre, Rob plonge. Les prédateurs à la Spielberg, Rob se met à les aimer.

S’en suit des voyages aux Bahamas, en Jamaïque. L'idée d'un documentaire lui vient. Il lui prendra cinq ans. Rob décide de partir à la chasse aux chasseurs de requins, ces braconniers sans foi ni loi qui vendent les ailerons de squales pour une poignée de dollars. Du Costa-Rica aux îles Galapagos, il mène l'enquête. Et rejoint ces amis les bêtes sous les tropiques, dans les lagons bleus des mers du Sud. De quoi travailler son bronzage, qui fait merveille dans tous les festivals du monde entier. Do ya think I’m sexy, Rob ?

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22 mars 2008

Voir Sicko et mourir

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Michael Moore sort une fois encore l’artillerie lourde. Dans Sicko, il attaque bille en tête : flinguer le système de santé américain. Comme d’habitude, c’est du Moore. Une mauvaise foi énorme, des parallèles douteux et un humour décapant au service de sa croisade à lui : militer pour une couverture universelle de santé aux Etats-Unis.

Première béquille de Citizen Moore, les exagérations spectaculaires. « Des Américains qui prient tous les jours pour ne pas tomber malade » apprend-on dès l’introduction. L’image est choc : la plaie ouverte, un homme se recoud le genou tranquillement. L’air de dire, « je fais ça tous les jours ».

Autre péché mignon de Super Mike, les témoignages biaisés. Moore aime jouer de la corde populiste. Des victimes "victimisées" par sa caméra, des puissants insensibles à la misère humaine. Le message est efficace, simple à recevoir, mais la ficelle est sans doute moralement questionnable.

Sicko est aussi l’objet de raccourcis douteux. Les prisonniers de Guantanamo sont filmés jouant au football dans leur cages. Le commentaire off nous apprend que l’Etat américain met à leur disposition tout un appareillage sanitaire. Comment...Des prétendus terroristes mieux traités que les héros du 11 septembre.

L’humour de Moore sauve le documentaire. Il en fait un film partisan, et assumé comme tel. Moore ne fait pas de journalisme, il fait du militantisme. Il ne s'efface pas pour laisser parler les autres, il s'impose à l'écran, et ce faisant, il est plus honnête envers son public. Sicko, c'est sa vision. Partagée ou non, elle fait réfléchir. Et c'est déjà pas mal.
 
Michael Moore s'explique dans cette vidéo, en anglais : 


 

Pour les autres, voici la bande-annonce de Sicko en français, sorti le 17 octobre dernier :  

19 mars 2008

Saga Americana : There will be blood

Daniel Day-Lewis est formidable. Presque trop. Le personnage qu’il incarne, Daniel Plainview est comme "lui-même aime à se définir", un « oilman », un homme de pétrole. Un caractère forgé à la caillasse, sans merci. Un type qui s’est construit seul, qui a laissé quelques uns de ses rares amis au fond d’un puit, et qui n’en gagné qu’un fils adoptif sans nom, H.W. L’effet Day-Lewis fonctionne à merveille la première heure. Presque tout est dit dans la séquence initiale. Plainview seul dans l’obscurité pioche dans les parois d’une galerie souterraine, à la recherche de ce qu’on sait être du pétrole. Les muscles éreintés, le corps voûté par le labeur, Plainview creuse. Sans un mot. Les sirènes de Jill Greenwood disputent la bande-son au piolet. Jusqu’à l’accident, la chute. Plainview, la jambe cassée, remonte son échelle à bout de bras. En haut du puit, il se met à ramper vers la colline. L’ascension est douloureuse, mais elle est une survie. C’est toute la thématique de Plainview, au surmoi gros comme ça.

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Le réalisateur Paul Thomas Anderson nous donne d’abord à voir un manipulateur cupide et ambitieux. Un homme à qui la vie n’a pas fait de cadeaux, et qui de ce fait est excusé. Un homme, qui, s’il se sert de son fils adoptif pour attirer la sympathie, a eu le cœur de l’élever. Nous lui pardonnons d'abord chacun de ses délires, chacune de ses combines. Car Anderson colle une séquence « sympathie » (dont des retrouvailles avec son fils) au moment où nous commencons à douter du fond de Plainview. Or, in fine il est bien ce sadique irrécupérable. Nous ne le comprenons qu’en chute. L’astuce d’Anderson, c’est de nous avoir fait croire qu’il filmait la saga d'un exemple. Et nous nous en mordons les doigts, de notre crédulité, de lui avoir accordé le bénéfice du doute.

Le film est au final réussi. Des acteurs convaincants, une photographie somptueuse et une bande-son particulièrement originale. Pour ainsi dire, une fresque sans accroc, sauf peut-être un bémol, la faiblesse des dialogues entre les personnages. Sans doute ont-ils été étouffés par l’ogre Day-Lewis ?

 

17 mars 2008

Le printemps en avance

Printemps du Cinéma oblige, la séance est à 3,50 euros. 

Profitez-en, vous avez jusqu'à mardi soir... 

En attendant, voici la bande-originale de Be kind Rewind :

 

12 mars 2008

L'anniversaire

Merci à tous, lecteurs, d'être chaque fois plus nombreux sur Cinemoi. Le blog fête son premier mois, et ses 15 000 visites. Le début d'une longue histoire.

Cinemoi cherche à susciter la discussion. Comme tous les débats intéressants, ceux-ci doivent être vifs, opposer des positions tranchées, et ne pas souffrir la demi-mesure du "politiquement correct" bien pensant. Le ton volontairement provoc' , voyez-là comme une incitation à réagir, à commenter. Sachez que toutes les positions sont défendues avec "honnêteté journalistique". J'entends par là une certaine exigence de ne pas "trafiquer" la réalité pour la faire "coller" avec telle ou telle idée préconcue. 

N'hésitez pas, dans vos commentaires, à me donner quelques conseils pour la suite. Que voudriez-vous en plus sur Cinémoi

Et n'oubliez pas, l'actualité cinéma est chargé ce mois-ci. A voir absolument : There will be blood et Soyez sympas, rembobinez.  

10 mars 2008

Le Festival du Cinéma Européen vous attend

Retour à notre premier amour, le cinéma. L’ellipse télévisuelle de ces derniers jours aura suscité de nombreuses réactions. Tant mieux, c’est tout l’objet de Cinémoi.

08ab9c67f2eac0f03ecde0d2a1ef6a9c.jpgLe temps d’une semaine, du 21 au 28 mars prochain, l’association Prix de Court organise le 24ème Festival du Cinéma Européen. Nouveauté cette année, les soirées seront thématiques : les courts-métrages sont présentés selon leur genre (familiale, décalé, etc) et la nationalité de leurs réalisateurs. Un jury de huit personnalités du grand écran, dont Micheline Presles et Claude Pinoteau se chargera de récompenser les meilleures productions pour chaque catégorie.

Dans le cadre du Festival sont également organisées des séances long-métrages hors compétition. Le 22 mars, Le sens de la vie de Terry Gilliam et ses Monty Python ouvre le bal. La Cité de Dieu, Les convoyeurs attendent, Jesus Camp et d’autres sont programmés tout au long de la semaine. Partenaires du festival, l’UGC Ciné Cité de Lille et le cinéma du Fresnoy accueillent les projections. Affaire à saisir, le pass Semaine est à 12 euros en prévente.

Pour en savoir plus sur l’évènement Cinéma du mois de mars, cliquez ici.

Pour connaître le programme complet du festival, cliquez

09 mars 2008

Le malheur de Sophie

« Il se trouve que l’actualité se télescopait ». La formule est de Robert Namias, directeur de l’information de TF1. Revenu sur l’épisode Le Pen-Marceau, il a dit « respecter le choix » de l’actrice française. Cette dernière avait refusé d’être interviewée à la suite du leader du Front National, lors du journal télévisé de lundi dernier.

Deux conclusions à tirer. Pour Robert Namias, l’actualité de TF1, c’est l’Actualité tout court. Quand il parle 09a760a94402d134e48925f86c50db66.jpgdu « télescopage » de lundi, il nous fait croire que la Grande Actualité s’imposait à TF1. Pour Namias, la Grande Actualité en ce lundi 3 mars, c’est Le Pen et  Marceau. Démocratiquement parlant, l’invitation de Le Pen est tout à fait légitime. Mais Sophie Marceau et Ses femmes de l’ombre. Quelle légitimité ? Ah si, TF1 produit le film. Il faut donc en assurer la promotion. Quoi de mieux qu’un 20 heures, le vernis d’une innocente « sortie cinéma de la semaine » en prime ? Namias aurait pu inviter Marceau le lendemain. Impossible ! Mardi, la rencontre de football Manchester-Lyon a déjà raccourci le journal de vingt minutes.

Second enseignement de l’épisode, la tribune offerte par Marceau à Le Pen. L’actrice refuse d’enchaîner après lui. Soit ! Mais ce faisant, elle crée l’évènement, et offre au leader du Front National une nouvelle possibilité de s’afficher en victime." C'est la nouvelle seigneurie de notre temps. On gagne beaucoup d'argent, on est souvent placé dans des situations prestigieuses, favorables, on est aimé, alors par conséquent on se croit tout permis", a-t-il repris, lors d’une conférence de presse le lendemain. Sophie ou les ravages de la bien-pensance. 

08 mars 2008

Les Enfoirés nous font chier !

Record d’audience pour TF1 : 10, 7 millions de téléspectateurs hier ! La Une signe ici la meilleure audience télé depuis le début de l’année. Retransmis en simultané sur RTL, l’évènement fait chaque année l’objet d’une promotion considérable. La sortie du disque, le lendemain de la soirée, est saluée au journal de 20 heures. « Mobilisez-vous », « C’est pour la bonne cause » !

Et personne pour dénoncer ce spectacle affligeant d’immoralité. Un entre soi d’artistes autoproclamés qui saisissent l’occasion pour se rappeler à nos bons souvenirs. Alizée, oubliée des scènes depuis des années revient. Et ce sont ces Enfoirés, si généreux, qui l’accueillent. Des fois qu’il lui viendrait l’envie de sortir un disque.

Les Enfoirés sont si sympas. Bienvenue dans la famille ! Les nouveaux s’y intègrent rapidement. Christophe Maé, un petit nouveau, brise la glace : «  C'est cool, d'être un Enfoiré. Lorsque ma maison de disque m'a appelé pour me proposer de participer, je n'y croyais pas. »  Moi qui croyais que le choix de chaque artiste était purement individuel, et non dicté par les grandes majors. Quelle naiveté ! Visiblement, Maé n'est pas au point niveau media-training. ca6916642403ca6a5b6799e636b53945.jpg

Et l’argent de la publicité ? Que fait TF1 de ses recettes publicitaires ? Ne l'oublions pas, la soirée se déroule sous l'égide de Coluche. A nous les images d'archives, Coluche versant la soupe, Coluche nous expliquant la nécessité d'agir pour les Restos. Lui qui avait fait de l'autodérision sa marque de fabrique doit se retourner dans sa tombe. "Ah, les enfoirés, mais pour de vrai"

04 mars 2008

La môme : une erreur de jeunesse ?

Un scoop bien en retard. Cet extrait de Paris Dernière, l'émission présentée par Xavier de Moulins date de plus d'un an. La reconnaissance soudaine de l'actrice française a suffi à faire de ces images "la polémique Cotillard". Même le présentateur s'interroge : "Quand on a diffusé l'émission, l'an dernier, on n'a eu aucune réaction. Aujourd'hui, on déterre ce truc. Je trouve la méthode un peu bizarre."

Un moment d'égarement ?

02 mars 2008

La Vie en noir

Parmi les succès de l’année 2007, vous avez choisi de classer la Môme en premier. Le film d’Olivier Dahan a rassemblé près d’1/3 des suffrages, devant Pirates des Caraibes 3. Rocky Balboa et Spiderman 3 figurent au milieu du classement, Taxi 4 fermant la marche. Il n’est pas question ici de revenir sur la prestation de Marion Cotillard, qui mérite sûrement les multiples récompenses qu’elle a reçues ces dernières semaines. Sa doublure-voix dans le film, Jil Aigrot n’a elle rien récolté. Passons.

Reproche de taille : le film n’est qu’un prétexte à la starification de son actrice principale. Les scènes s’emmêlent, Edith Piaf jeune puis vieillissante, puis jeune, puis agonisante. Oui, quel maquillage, quelle ressemblance, mais quel message ? Une artiste si dévouée qu’elle est prête à mourir sur scène ? Déjà vu. Certes, la Môme est un film autobiographique, centré sur son sujet, mais la réalisation ne laisse aucune place au reste, ce qui sembalit le plus intéressant : la vie autour de Piaf. Comme par hasard, les passages les plus émouvants sont ceux d’Edith avec Marcel Cerdan, un autre. Dans un film est mono-intrigue, le parti pris d’une mise en scène entremêlée ne se justifie donc plus du tout.

Dès les premières images, le ton est donné, le tout sera misérabiliste. Des travellings qui nous décrivent la misère des débuts de la môme aux zooms sur les traits tirés de la Piaf déchirée, l’angle est résolument maintenue. Sombre. La bande-son omniprésente fait tomber le film dans un pathos sans fond. La Vie en rose est décidément bien morbide.

La parole est à la défense, Olivier Dahan revient ici sur son projet :  

01 mars 2008

La défense Defonseca

Le scoop est venu du Soir, l’un des principaux quotidiens de Belgique. Celle qu’on prenait pour Mischa Def4a5afa0f5489ec69dcc281eddc104e3a.jpgonseca, l’héroïne du « Survivre avec les loups », a menti sur toute la ligne. Présentée comme une œuvre autobiographique, son livre n’est en fait qu’une imposture. Celle d’une petite fille juive de 8 ans qui traverse l’Europe toute seule, 3000 kilomètres tout de même, à la recherche de ses parents déportés. Sauvée par une meute de loups, la petite Mischa raconte son histoire soixante ans après… Comme une preuve de « la cruauté des hommes et de l’humanité des animaux », pouvait-on lire dans les critiques du film sorti le 16 janvier dernier.

« L’histoire vraie d’une rescapée de la Shoah » s’affichait en quatrième de couverture du livre édité par Bernard Fixot, vendu à 200 000 exemplaires en France. Gage de vérité, le tampon du vécu donnait au récit tout son sens : une petite fille seule contre l’implacable machine nazie. Voilà qu’on sait que tout est faux. En recoupant la biographie de son père résistant et le témoignage d’une cousine retrouvée à Bruxelles, un journaliste belge s’est rendu compte de la supercherie. Mischa Defonseca s’appelle en fait Monique De Wael. Voici sa déclaration.

Monique de Wael se met alors à vouloir expliquer son canular. Les choses se gâtent. Non contente d’avoir été malhonnête avec ses millions de lecteurs mondiaux, et les quelques 500 000 spectateurs du film tiré de son livre, Monique se pose en victime : « A ceux qui se sentent trahis, je les supplie de se mettre à la place d’une petite fille de quatre ans qui a tout perdu, qui doit survivre, qui plonge dans un abîme de solitude… ». L’éditeur du livre la soutient même : « Misha a menti, mais son histoire n'est pas moins incroyable que celle de ces gens d'un héroïsme extraordinaire revenus des camps ». Même son de cloche du coté de chez Bac Film, qui s’est chargé de la distribution du long-métrage : « Ce conte tragique reste un bel exemple de courage et de persévérance contre l'adversité » affirme Mathieu Piazza, un des responsables de la maison de production. Quel courage ? Celui de mentir ?

90a50c1bd9bb1f2dce4ace67805e695e.jpgFinalement, seule la réalisatrice Véra Belmont s’est dite « décue ». Et encore, à demi-mot, elle « en veut un tout petit peu » à Monique de Wael. Première mesure prise, le « d’après une histoire vraie » sera supprimé des écrans. Moindre mal. Le pire pour Monique, son histoire aurait sans doute fait une bonne œuvre de fiction si elle avait été assumée comme telle.

 
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