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27 février 2008

La Môme !

868a303f920f1f57bd15bfb2d8be94f3.jpgIl ne vous reste plus que quelques jours pour répondre au sondage Cinemoi. 

" Parmi les succès 2007, lequel avez-vous préféré ?" Pour l'instant, La Môme arrive en tête, avec 34% des suffrages. Les résultats définitifs seront publiés vendredi soir, avec article et discussion.

A vos clics,  

 

25 février 2008

La polémique Amalric

« César, l’ouvre pas ». Matthieu Amalric est formel, il se dit victime de censure. « Je n’en reviens pas, je ne savais pas que c’était si simple que ça, la censure ».

Retour sur les faits. Lors de la dernière cérémonie des Césars, vendredi dernier au Théâtre du Châtelet, l’acteur français est récompensé pour la seconde fois de sa carrière. Sa performance dans « Le scaphandre et la papillon » est saluée par la majorité des membres de l’Académie des arts et des sciences du cinéma, qui chaque année se charge de la remise des prix. Sauf que Matthieu Amalric n’est pas présent au Châtelet. Il est actuellement au Panama, sur le tournage du prochain James Bond.5f40aaf57341d80bd11e40a6e24ad2c9.jpg

Juste « au cas où », Amalric a envoyé un discours de remerciements. La suite, Amalric gagne. Son discours est donc lu par l’animateur de la soirée, Antoine de Caunes. Seulement, ce que lui reproche l’acteur tout juste récompensé, c’est de ne pas être allé au bout de sa lettre. La dernière partie de son message n’a pas été lue, or, c’était justement là qu’Amalric s’en prenait aux grandes maisons de productions et ses multiplexes. Voici quelques morceaux choisis du reste de la lettre : 

« Mais la salle de cinéma. Oui, la SALLE de cinéma, elle, doit pouvoir continuer à s’inventer. (…)

Insupportable "trompe l’œil" des multiplexes. Les chiffres comme seule ligne d’horizon. Aveuglement, brouillage, gavage, lavage. Et quelle solitude. Vous avez déjà parlé à quelqu’un dans un multiplexe ? Pas moi. D’ailleurs c’est impossible, ce qui compte c’est le flux. "Circulez s’il vous plaît, y’a rien à voir" . Au suivant ! bande de Brel. (…)

Ce tissu de salles, que le monde entier nous envie, est notre cœur, nos poumons.

Sinon...

Sinon on va tous finir devant nos "home cinéma" à se tripoter la nouille...

Bons baisers de Panama...

Mathieu

En guise d’explications, le producteur de l’émission, Renaud Le Van Kim a prétexté la longueur du discours de l’acteur : «Nous avons décidé de raccourcir la lettre parce que nous avions déjà du retard. On a enlevé la partie sur les multiplexes parce que Jeanne Moreau venait, mot à mot, de dire la même chose ». Un peu plus tard, Le Van Kim s’exprime une nouvelle fois : "Nous sommes tout à fait désolés qu'il ait pu imaginer une censure quelconque. Il n'a sans doute pas évalué dans quelle précipitation nous avons dû gérer ce texte imprévu dans le conducteur d'une émission en direct de cette ampleur". Le Van Kim dit avoir raccourci la lettre en accord avec l’agent de l’acteur. C’est ce qu’on appelle refiler la patate chaude.

De son côté, Antoine de Caunes assure avoir lu toutes les fiches qu’on lui a transmises avant la cérémonie. "Mathieu Amalric a demandé que ce soit moi qui lise sa lettre, confirme-t-il. A la dernière minute, on m'a passé quatre fiches et j'ai tout lu de la première à la dernière ligne. Vous pensez bien que je ne me serais pas privé d'une déclaration politique ni de la chute sur "se tripoter la nouille"", a-t-il assuré au Journal du dimanche. Dès dimanche, l’Union des journalistes du cinéma (UJC) s’est montré solidaire de l’acteur. Bien sûr, Canal Plus se défend de toute censure. Michel Denisot, le directeur artistique de la soirée l’a confié à Mediapart : « Les coupes qui ont été décidées n’ont rien à voir avec le contenu politique des dernières lignes du texte ». C’est ce qu’on appelle retirer les marrons du feu.

Entre patate chaude et marrons carbonisés, la petite cuisine des Pathé, Gaumont et consorts n’est pas du goût d’Amalric. Il y est toujours affaire de recettes.   

Quand César rencontre Oscar

8c36010ca1e95bca4ac65746158e6c7d.jpgCette nuit, dans quelques heures, nous saurons si Marion Cotillard réussira son Grand Chelem à elle. Après avoir gagné le Golden Globe le 14 janvier, le BAFTA quelques jours plus tard -une première pour une actrice française-, le César vendredi dernier, il ne lui reste plus qu'à séduire les 5816 membres de l'Académie des arts et des sciences du cinéma. C'est bien peu face aux cinq millions de Français qui sont venus voir La môme en salle. C'est énorme quand on sait que la seule et dernière Française à avoir remporté la statuette de meilleure actrice était Simone Signoret, en 1960, pour Les dessous de la haute ville

22 février 2008

L'aubaine Boon

« Bienvebdca3ebe61bbcff0c4cb29a5ed367627.jpgnue chez les Chtis », c’est un peu « La vérité si je mens ! » dans le Nord-Pas-de-Calais. Un étranger plein de préjugés débarque dans un univers qu’il ne connaît pas et qu’il pense impayable. Philippe Abrams (Kad Merad) est ce nouvel Eddy, l’ancien goy joué par Richard Anconina. Muté dans un patelin du Nord pour faute professionnel –Abrams a joué un handicapé pour obtenir un poste à Cassis- il arrive seul. Sa femme a eu trop peur de l’accompagner là-haut. A Bergues, il se croît pire qu’ailleurs. Mais entre le bureau de poste en briques, la baraque à frite de Chez Momo, et le beffroi de la Grand’place, Philippe Abrams va retrouver les vertus de la simplicité.2bcdd0667e8e753f2640fc6224543668.jpg

Cet étranger, c’est aussi le spectateur. Rassurons d’emblée le dircom’ du conseil régional, le message est bien passé : venez dans le Nord-Pas-de-Calais, vous y découvrirez des gens qui rigolent : « t’en que t’as pas mal au cul, tu peux t’asseoir dessus ». Et puis, au feu les doudounes et la chapka, il n’y fait pas aussi froid. Les gens y sont tous attachants, surtout les collègues du bureau de Poste qui se plient en quatre pour faciliter la vie de leur directeur. La bière coule, de marque « Chti » juste au cas où...Autant, dans « La vérité », on utilisait l’argent pour en rire, et se moquer gentiment des vendeurs-flambeurs du Sentier, autant ici, on la joue simple, « casse-croûte de chez Maman » et bière au comptoir, mais on soupçonne déjà les partenariats en tous genre et les retombées de sousous. Aux dernières nouvelles, les gens de Bergues auraient voulu que le film parle au moins du fromage de la ville….

Pour Philippe Abrams, c’est déjà l’heure de partir. Trois ans ont passé, qui ont fait de lui un vrai chtimi. Et comme Antoine,alias Dany le lui avait dit, « dans le ch’Nord, tu braies deux fois, quand tu viens, et quand tu repars ». Alors Philippe Abrams se met à pleurer. Quitter Antoine, son ami, si naïf, mais si bon. Un brin alcoolique, mais par amitié. Attention, en dessous de sa carapace, c’est aussi un artiste, un carillonneur de grand talent. C’est d’ailleurs grâce à son instrument qu’il charme la belle Annabelle.

Dans la salle, les spectateurs ont beaucoup ri. Osons dire qu’ils étaient déjà tous acquis à la cause de Dany. On ne s’attaque pas à la deuxième personnalité la plus appréciée du Nord sans crainte. J’en ai fait l’expérience à travers vos commentaires. Au final, les acteurs jouent plutôt bien, mention spéciale au passage de Michel Galabru. Sauf la navrante Zoé Félix, mais d’après son mari, « ce n’est pas de sa faute, elle est déprimée ». Autre beau passage du film, la séquence tournée à Bollaert. Au final, un fil sympathique, c’est tout. Mea culpa, le film de Monsieur Boon n’aspire peut-être qu’à cela.

21 février 2008

Boon perd-il le Nord ?

Merci à tous les commentaires laissés sur le précédent billet. Vous faites vivre ce site, et susciter la discussion autour du « Bienvenue chez les Chtis » de celui qu’on présente comme l’enfant du coin, Dany Boon.

L’initiative de l’humoriste est louable : son film prend le contre-pied d’un bon nombre de clichés associés à la région Nord-Pas-de-Calais. Non, il ne fait pas qu’y pleuvoir. On n’y meure pas plus jeune à cause du manque de lumière. Seulement voilà, Dany Boon tord le cou à ses clichés avec d’autres préjugés. Comme si les gens du Nord étaient tous attachants comme l’est son personnage. Comme si les gens du Nord mangeaient tous de la tarte au maroilles au petit-déjeuner.6715ffca767c549333230f27429c0086.jpg Comme si les gens du Nord parlaient tous le chtimi...

C’est là qu’on apprend que la ville dans laquelle il a tourné son film, Bergues, n’est pas proprement chti, mais flamande. Son nom, « berg » signifie une colline en flamand. Pourquoi Boon n’a-t-il pas pris une ville chti ? « J’ai de la famille à Bergues, notamment l’ancien carillonneur du beffroi » répond t-il. Suffisant pour nous convaincre du tour de passe-passe ?

Dany Boon est sûrement un type très sympa. Comme son film l’est. Mais il est un peu à côté de la plaque quand il nous parle de sa région chérie. On ne répond pas à des poncifs par d’autres poncifs. Ne demandons pas à ce film de divertissement ce qu’il n’est pas : une représentation exacte de ce que sont les gens du nord. Un film seul le pourrait-il ?

20 février 2008

Dany boudé

Aujourd'hui mercredi 20 février, sortie en fanfare du film de Dany Boon "Bienvenue chez les Chtis". Ici, à Lille, on ne parle que de ça. D'autant que la date de sortie nationale a été repoussée à la semaine prochaine pour laisser aux Lillois le privilège de la primeure.

Evènement considérable, un TGV avait été spécialement affrété lundi, pour emmener les guests de l'avant4285c03b4cf0041f4e374ee53ab89406.jpg-première à l'UGC du centre-ville. Deux pleines pages dans les deux quotidiens régionaux, La Voix du Nord et Nord-Eclair ont assuré la communication autour d'un film dont on sait juste que "c’est l’histoire d’un fonctionnaire du Sud qui est puni et qui est muté dans le Nord-Pas-de-Calais", dixit Dany. 

 Pour vous faire patienter jusqu'au 27, voici la bande-annonce : 

L'initiative ne fait pas que des heureux. Les premières critiques portaient sur le soutien financier du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, qui a déboursé 600.000 euros pour assurer la promotion du film. Pour justifier ce chèque, Daniel Percheron, le président de la région a osé un "Je suis Dany-Booniste".

Mr Boon se voit l'ambassadeur de son Nord natal. Jusqu'à vouloir détenir le monopole de la culture Chti...

18 février 2008

Le diable au corps

La grève des scénaristes d’Hollywood a pris fin le 13 février. Durant trois mois entiers, ils ont cessé leur travail pour protester contre l’exploitation abusive de leurs films sur les nouveaux supports médiatiques, Internet en tête. Depuis, ils ont obtenu gain de cause. Un nouvel accord signé entre le syndicat des producteurs et celui des scénaristes (Writers Guild of America) prévoit de doubler les droits d’auteurs de ces derniers.

La pénurie de scénario pendant cette trêve a empêché le tournage de séries comme 24 ou Desperate Housewives. Dure. Mais elle a eu le mérite de révéler une nouvelle tête, Diablo Cody, scénariste du film Juno sorti cette semaine.

Diablo Cody  adb81c39444dcf5c2751a82f3fec45cf6.jpg une histoire au moins aussi fantasque que peut l’être son nom d’emprunt. Diablo, « le diable », Cody, pour une ville du Wyoming. On n’en sait pas plus. Diablo s’est d’abord fait remarqué par son blog, The Pussy Ranch, dans lequel elle retrace ses premiers pas dans le monde du strip-tease, dans un club de Minneapolis. Elle y a travaillé pendant un an. De cette expérience elle tire ses mémoires, Candy Girl: A Year in The Life of an Unlikely Stripper (Femme-bonbon : un an dans la vie d’une stripteaseuse) publiés en 2006. Puis elle se lance dans l’écriture de scénarios, ce qu’elle n’a jamais fait auparavant. « N'ayant aucune idée de comment procéder, je suis allée à la librairie du coin acheter les scripts d'American Beauty et de Ghost World, deux films qui m'avaient plu. Je les ai feuilletés, pas pour trouver des astuces de narration ni pour m'inspirer des dialogues, mais simplement pour imiter la mise en page et apprendre à présenter un scénario en bonne et due forme » lâche t-elle à Télérama.e251b559be7dd51987d815450b6531a1.jpg

Juno va l’absorber pendant des mois. L’histoire de cette adolescente tombée enceinte, qui va donner son enfant à un couple stérile fait un carton aux Etats-Unis (117 millions de dollars). Le film est d’ailleurs nominé quatre fois, aux Oscars, dont une fois pour le prix du meilleur scénario. Diablo Cody écrit actuellement une série (Les Etats-Unis de Tara) pour Steven Spielberg et travaille sur un autre long-métrage dont elle a dévoilé le pitch l’automne dernier au festival de Toronto: une pom-pom girl schizophrène en serial killeuse. A suivre.

 

 

16 février 2008

Poudre aux yeux

Est sorti aujourd’hui sur Dailymotion  le documentaire « Poudre aux Yeux ». Il retrace en 71 minutes le combat mené par les enfants de Don Quichotte, l’hiver dernier.

En quelques jours, Augustin Legrand a réussi à prendre à parti la France et les Français, « ces nazes », qui en lieu et place d’un nouvel Hiver 54 ont préféré le confort d’une compassion inactive. 

On peut tout dire sur ce documentaire, qu’il est évidemment partial, qu’il fait la part belle à Augustin, et f455e87604452c155d732317595983ef.jpgqu’il nous renvoie une image infantilisante des SDF du campement. Qu’il fait se confronter deux choses difficilement comparables : l’action visible d’une poignée de militants déterminés, envers qui nous ressentons forcément de l’empathie, et les joutes oratoires d’une classe politique dépassée. L’action militante et la gestion politique n’appartiennent pas au même registre, ni au même calendrier. Au lieu de les opposer, il aurait fallu les articuler ensemble. Oui, mais voilà, la crise du logement en France est toujours aussi grave, et les politiques n’ont pas pris conscience de la nécessité d’une action de long terme, qui ne soit pas dictée par l’urgence, mais par l’anticipation. C’est sur constat que se termine le film. Un appel au rassemblement est lancé : le 21 février place de la République à 18h.

Pour plus d'infos, le site des enfants de Don Quichotte

15 février 2008

Le rhume de Coubertin

Alors même que la brise de l’olympisme s’essouffle sur nos écrans, que les Ave Moi n’ont fait marrer personne, côté court, c’est la douche froide pour les organisateurs des Jeux Olympiques de Pékin.

 

5530eb48e5f1e61b8564ab3bb78904d6.jpgSteven Spielberg vient d’annoncer qu’il mettait un terme à sa collaboration avec le comité olympique chinois. Chargé de la mise en scène des cérémonies d’ouverture et de clôture des JO, Spielberg a préféré prendre ses distances. Un crève-cœur pour ce fan de baseball, casquette MLB (Major League Baseball) toujours vissée au front, qui s’était sans doute fait un plaisir d’assister à la finale de la discipline, entre la promotion de son nouvel Indiana Jones, la post-production de Lincoln, et le tournage de Tintin. Après Munich en 2006, il n’y aura malheureusement pas de Pékin 2008.

 

En cause ? Le soutien infaillible de la Chine au régime de Khartoum lors de la crise humanitaire n’est pas du goût du réalisateur américain. « La chine devrait faire plus pour mettre un terme aux habitants du Darfour » a-t-il expliqué mardi. Dans une lettre qu’il avait d’abord adressée en novembre au président Hu Jintao, Spielberg s’était dit « perturbé » par le silence chinois. Perturbé, il l’était sans doute encore plus par l’article qu’avait fait publier Mia Farrow dans le Wall Street Journal en mai 2007. L’actrice américaine lui demandait de quitter " les Jeux Olympiques du génocide ", au risque de devenir le « Leni Riefenstahl des JO de Pékin ». Pour le réalisateur de la Liste de Shindler et à l’origine de la Fondation de la Shoah, le parallèle était difficile à digérer. Spielberg parti, c’est le cinéaste chinois Zhang Yimou qui reprend le flambeau. Le linge sale en famille.
 

Côté organisation, on mime le fair-play. La Chine dit regretter les remarques de Steven Spielberg, qu’elle juge « contraire à l’esprit olympique. Nous ne souhaitons pas voir un tel événement attendu par le monde entier, perturbé par des problèmes politiques » a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères. Reste que la décision de Spielberg pourrait laisser des traces. Le même jour que l’annonce du retrait de Spielberg, Richard Vaughan, un joueur de badminton anglais avait fait part de sa gêne de participer aux prochains JO : « il est très difficile de garder un silence poli face  à un conflit qui continue de coûter tant de vies ». Le Comité britannique olympique avait répondu du tac au tac : il était demandé aux athlètes d’éviter les sujet sensibles, sous peine d’exclusion. Motus et bouche cousue, l’important, c’est de participer.7a05854a94142b974ebb5ea64d1152c0.jpg

 

 

 

 

14 février 2008

Ô Serpico


Devant l’affligeance des sorties cinéma de cette semaine, Vladimir Illitch Oulianov, alias Lénine se serait  sans doute poser la même question : Que faire ? Ecouter Michel Sardou. Lénine, relève-toi, ils sont devenus fous. Ou retourner aux classiques.

5876b856ffd016325b6bde5c936def8f.jpgC’est ce que j’ai fait. Hier était programmé Serpico, film de Sydney Lumet sorti en 1973. Sydney Lumet, c’est Douze hommes en colère, un après-midi de chien, et plus récemment l’Avocat du diable. Franck Serpico est le nom d’un policier new-yorkais. Rare, le good cop est joué par Al Pacino. Fraîchement sorti de l’académie de police, il fait ses classes dans les quartiers mal famés de la Grosse Pomme. Il y observe les pratiques de ses collègues, qui rançonnent les criminels pour arrondir leurs fins de mois. Le ver est dans le fruit. Serpico refuse à chaque fois l’argent, jusqu’à s’attirer l’animosité des autres flics. Seul contre tous, il s’enferme dans une paranoïa qui prend le pas sur sa pe1e9a172f98dbdf514f39773b24e8c274.jpgrsonnalité lumineuse : lui préfère les soirées de Greenwich Village aux journées au bureau de police. Muté inspecteur, il change de look, penche vers le flower power, se laisse pousser la barbe. Figure christique de la police new-yorkaise version 70’, il devient rapidement le bouc émissaire de toute son unité. Serpico tient, jusqu’à décider de témoigner des mauvaises pratiques de la police new-yorkaise. Dans un monde de flics ripous, lui, le marginal au look de « junkie » impose par sa simple présence au commissariat une morale bafouée. Dans son combat, c’est plus à Don Quichotte que Frankie ressemble. Il le dit, il voudrait être seul à la tête de la police, « huit flics comme moi, et il n’y a plus de crimes à New York ». A défaut de moulins, il se bat contre sa hiérarchie administrative qui refuse de reconnaître ses propres dérives. Une histoire vraie. 

La prestation d’Al Pacino nous donnerait presque envie d’être de la maison. Rarement un flic a été peint de cette manière, redresseur de torts malgré lui. D’un tel charisme. La musique entre trompettes jazzy et mandolines italiennes donne au tout un cachet d’époque, ce film est un classique.


 

13 février 2008

Du cinéma, ça ?

La publicité fait souvent preuve de créativité. D’ailleurs, un bon nombre de réalisateurs en vient. Pour n’en citer que deux, David Fincher, et Alejandro Gonzalez Inarritu. Ce dernier, dont les films sont désormais salués dans les festivals du monde entier avait décidé en 2001 de participer à la série The Hire. Le projet était publicitaire avant tout, sponsorisé par la marque automobile BMW. Cinq courts-métrages ont été réalisés la première année, mettant en scène à chaque fois un conducteur (The Driver joué par Clive Owen) et sa voiture. Après John Frankenheimer, Ang Lee, Wong Kar-Wai et Guy Ritchie, le réalisateur mexicain a joué le jeu pour BMW. En dix minutes, raconter une histoire, avec comme contrainte, vanter les performances du bolide. Un exercice de style pour le cinéaste. 

Voici le film, Powder Keg (Poudrière)

 

Le projet a été reconduit l'année suivante. John Woo, Joe Carnahan, et Tony Scott ont chacun leur tour réalisé un épisode de la série. Les huit films étaient vendus sur un même Dvd, The Follow pendant trois ans, exclusivement commercialisée par BMW. Depuis 2005, ils ne sont plus distribués.

12 février 2008

Astérix et périls

Paul, grand amateur de la bande-dessinée de Goscinny et d'Uderzo donne son avis sur Astérix et Obélix aux Jeux Olympiques.

On l'écoute :

podcast

 

Astérix et le Box-Offix -la suite

cb29fe003e57076e60cf3f5bf269ce26.jpgLe « cinéma populaire français » a-t-il un avenir ? Au sens où l’entend Thomas Langmann, producteur et co-réalisateur du dernier Astérix, on espère que non.

Les aventures des irrésistibles gaulois ont une nouvelle fois été portées à l’écran. Gérard Depardieu incarne encore Obélix, remarquez le personnage lui va plutôt bien. Une affaire de boisson. Quant au personnage d’Astérix, il a été l’objet d’intenses tractations durant le mercato. C. C. remplace C.C., Clovis Cornillac à la place du regretté Christian Clavier qu’on annonce sur une liste municipale UMP pour bientôt.

Le film est le plus cher de l’histoire du cinéma français : 78 millions d’euros. Toujours pour les chiffres, il a réalisé le quatrième meilleur démarrage de première semaine: 3 millions de spectateurs se sont déplacés pour vibrer aux exploits sportifs des deux acolytes gaulois. C’est toutefois moins qu’Astérix et Obelix : Mission Cléopâtre, qui avait attiré 3,5 millions de personnes pendant la première semaine. Depuis, c’est la perte de vitesse. Seulement 1,1 millions de spectateurs en plus la deuxième semaine.

Thomas Langmann a du souci à se faire. La barre des 10 millions d'entrées sera difficilement atteinte. Même si le film marche assez bien à l'étranger, notamment en Allemagne (4 millions d'euros de recettes) et en Espagne (2 millions), le pari risqué du producteur sera difficile à tenir. Certes, les vacances scolaires démarrent et devraient booster la fréquentation des salles. On attend de voir. Une seule chose, on espère qu'il n'y aura pas autant de films que d'albums. 

 

Mafia blues

Mais où sont passés les Parrains, les Affranchis, et les Incorruptibles ?

Pour les inconditionnels, voici la BO du Parrain :  

 
Vous n'alliez au cinéma que pour pour entendre l'italo-américain, se souvenir de Marlon Brando et de ses bajouts et trésaillir devant les sursauts nerveux de Joe Pesci...

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Au menu du cinéma d'aujourd'hui, pas grand chose à se mettre sous la dent. Scorsese s'est attaqué récemment à la mafia irlandaise de Boston avec ses Infiltrés. Le film manquait un peu de souffle, sans doute à cause du faible charisme des acteurs principaux, Leonardo DiCaprio, Matt Damon et Mark Wahlberg. Au final, l'oscar qu'a obtenu Scorsese grâce à son film ressemblait plus à un hommage de fin de carrière qu'une récompense pour son travail de réalisation. Réaction...

 

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En novembre dernier, Ridley Scott a tenté le coup avec American Gangster. La distribution était cette fois-ci assurée par Denzel Washington et Russel Crowe. Le face-à-face a plutôt bien fonctionné, le film assez bien marché. Pas mal, mais on attendait peut-être un peu plus de la rencontre de ces deux acteurs. L'histoire est globalement la même que celle du film de Scorsese, et de tant d'autres. Deux hommes s'affrontent, l'un incarne le bien, mais un bien agité de ses démons intérieurs. L'autre personnifie le mal, à la perfection. S'oppose le flic alcoolique et marginal, figure tutélaire d'une norme plus vraiment intangible et le gangster, businessman nageant en plein rêve américain. Ce shéma, on commence à rêver qu'il soit dépassé. 

La bonne surprise est venu du froid canado-sibérien. David Cronenberg a réussi avec Eastern promises à nous rendre l'atmosphère d'un quotidien russe à Londres, chez les mafieux Vory V Zakone. Nous faisons intrusion dans ce monde ultra-violent par l'entremise d'une infirmière anglaise d'origine russe, Anna. Elle recueille un bébé dont la mère vient de mourir. Ce qui la mène directement chez Semyon et Kirill, père et fils, dont l'occupation ne se borne pas seulement à la gestion d'un restaurant russe, réchauffer le borch et servir la vodka. L'homme de main des deux mafieux, Nikolai, interprété par Viggo Mortensen se charge des tâches ingrates qu'implique l'activité criminelle de ses patrons. Il se revèlera finalement plus ambitieux qu'il n'y paraît. Eastern Promises, les Promesses de l'Aube en francais (là-encore, pourquoi l'Aube et non pas l'Est ? ) se regarde comme la suite du précédent opus de Cronenberg, A history of violence. On y retrouve la même thématique : le rapport que nous spectateurs entretenons avec la violence. Une fois confrontés à elle, nos réflexes disparaissent, nous réagissons de manière insoupçonnée. C'et vrai, la piste qu'explore Conenberg ressemble à un sentier battu et rebattu, mais il l'explore avec modestie. Pas de folie des grandeurs chez Cronenberg, l'unité de lieu et de temps prédomine. C'est mieux.

 

 

Astérix et le Box-Offix

Box-Offix : rendons à César ce qui est à César, le jeu de mot est de LCI

Le blockbuster français "Astérix aux Jeux Olympiques" fait beaucoup parler. Sorti le 30 janvier dernier, la barre des 3 millions d'entrées est aujourd'hui dépassée. Le point sur le film, les polémiques autour de sa promotion, les critiques et les réactions dans les salles. 

11 février 2008

La loi des séries

Chaque dimanche, depuis des lustres, les téléspectateurs francais pouvaient se réjouir au moins d'une chose. Vivement le film de 20h50 sur TF1. Le simple jingle lancé, et c'était tout un peuple téléphage qui voyait sa soirée commencer sous les meilleurs auspices télévisuels.Mais voilà, 2007 reste et restera une année noire. Là encore, la mécanique du profit l'a emporté. Les séries, plus rentables que les films, ont fait leur entrée sur la case prime time dimanche. Pour Etienne Mougeotte, encore vice-président de la chaîne à l'époque, il s'agissait de "renforcer son leadership le dimanche soir". Lui et son pool chargé de la programmation se sont empressés de commander une pelleté de séries américaines : Les experts, Grey's Anatomy, Dr House et consorts.


2d8a8ec2268e957336d5c78888218e45.jpgOr, depuis la rentrée de septembre dernier, la Une ne programme plus de "films du dimanche". Le 3 septembre dernier, "Les experts CSI : Crime, Scène, Investigation"  ont eu raison du sacro-saint rendez-vous dominical. Un précédent. Ces mêmes experts ont monopolisé le petit écran pendant des semaines. Trois épisodes par soir. Et ce n'est pas encore terminé. Du 23 au 26 février, trois soirées leur seront consacrées. A vos agendas, le 23, ils seront à Manhattan, le dimanche 24, ils feront escale à Las Vegas, et le mardi suivant, ils seront à Miami. Experts en gavage.

 

Le générique est à l'image de la série. 

En France, on ne touche pas impunément à la grande messe cathodique. Si les séries charrient toujours leur flots de fans, les vrais défenseurs du PAF ont tout intérêt à faire se lever leurs boucliers. Le film du dimanche soir doit revenir. Premier signe "Le seigneur des anneaux : les deux tours" a été programmé le dimanche 25 décembre. "Il y aura du nouveau du cinéma et des séries à la fin des Experts" avait-on promis du côté de la chaîne. Devant la crise d'audience de la Une, une réflexion sur la refonte de la grille des programmes du dimanche soir est engagée. Esperons qu'elle aille dans le sens de plus cinéma grand public sur la première chaine française. 

 

La couenne des Coen

5830e51c75bca3219c1fff615c5a9c48.jpgLe Texas est une région hostile. On connaissait Dallas et son univers impitoyable. Les frères Coen en ont fait l’enfer sur terre. Les hommes n’y vivent pas vieux, c’est le titre du film. En français dans le texte, le titre "No country for old men" donne un remarquablement lourd "Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme". Pourtant, l’un de ces hommes-ci a survécu, Tom Bell, le shérif, incarné par Tommy Lee Jones. C’est bercé par son accent texan qu’on entre dans le désert. Bell nous parle d’une rencontre. 

Llelewyn Moss (Josh Brolin), chasseur à ses heures, découvre dans la plaine une mallette de deux millions de dollars. Il s’en empare. A côté de la mallette gisent inertes les trafiquants mexicains, à qui appartient l’argent. Commence une chasse à l’homme entre le gentil voleur, et le tueur à gages qui s’est chargé de récupérer les deux millions. Schéma classique. Un western s’annonce, avec ses santiags, ses cow-boys, et son soleil. Seulement voilà, le tueur à gages, joué par un Javier Bardem survolté est un fou, en plus d’être dur au mal.

D'une road novel de Cormac MacCarthy, les Coen en ont fait un thriller tendance western. Du sang et de la poudre, les réalisateurs américains ont renoué avec l'ambiance ensoleillée et déjantée d'un Raisin' Arizona, saupoudrée d'un glacage glaçant à la Fargo. La violence à la Coen sent le beurre de cacahuètes et les donuts. Elle n'est pas sociale comme elle a trop tendance à l'être aujourd'hui. Elle est humaine, ce qui la rend lointaine, plus symbolique. Le film tourne au conte. 

Comme toujours chez les Coen, les face-à-face entre personnages sont magistraux. No country for old men n’y échappe pas. Les dialogues à la sauce texane servent de bande-son à ce film sans musique. O’Brother est bien loin. Ici, la fin est noire. Sous un soleil de plomb, le shérif nous rappelle qu’on se retrouve toujours à mourir.

  

 

 

Critique de la critique

Comme si la critique était réservée aux experts, ces fins limiers du 7ème art.

Vous n'avez jamais vu les films de Frank Capra, vous ne connaissez pas l'oeuvre d'Ernst Lubitch, vous ne savez pas qui est Rainer Werner Fassbinder

Moi non plus.

Ce blog est ouvert à tous ceux qui sont allés au moins une fois au cinéma dans leur vie, ceux qui aiment les films nuls, ceux qui détestent les bons films.

A vos commentaires,

 
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