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30 mai 2008

Picon contre Pastis : La France pernautisée

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Certains soirs, c’est le sort qui s’acharne. Certains soirs comme ce soir, vendredi 30 mai 2008, on préfèrerait aller directement au lit, dès 18h. Le sommeil ne vient pas, alors c’est au clavier de son ordinateur que l’on s’en prend.
 
 
Et à Dany Boon. Pour tous les gens qui habitent « au sud », disons en bas d’Arras, j’explique la situation. Ce soir, Grand’Place de Lille, c’est « la fête à Dany ». Dany qui ? Dany Boon, l’enfant du pays, le héraut des chtis, l’homme aux 20 millions d’entrées et aux 6, 75 millions de recettes annuelles. Soit dit en passant, il est devenu l’acteur français le mieux payé de l’année.

Toute la soirée, la ronde des hélicoptères n’a pas cessé dans le ciel nordiste. Les Lillois, et d’autres j’imagine, se sont réunis pour célébrer le retour du fils prodigue. Ne tirons pas sur le comique, on retrouve à l’origine de l’évènement le quotidien La voix du nord. Pour profiter une nouvelle fois de « l’effet chti ». La propagande est efficace : les activités sont gratuites, les concerts aussi. Des éléments du décor, comme la friterie de Momo seront réinstallés sur place. Même les acteurs ont fait le déplacement. Ils sont venus saluer la foule en délire. Bien sûr, « à la fête à Dany », on n’est pas obligé d’en être.

La télé, ca existe. Le vendredi soir normalement, c’était Star Academy. Comme la saison 7 est déjà terminé, TF1 a demandé à ses deux animateurs vedettes de venir combler les trous de la grille des programmes. Deux Jean-Pierre pour le prix d’un, Foucault le marseillais contre Pernaut l’amiénois. Car tenez-vous bien, (moi-même, j’enfile la camisole), ce soir, c’est soirée Nord-Sud : le grand match. Dechavanne en arbitre, le sifflet autour du cou, et la soirée peut commencer.

Apparemment entre ces deux évènements, pas de lien évident, si ce n’est qu’ils se déroulent le même soir. Et pourtant, c’est sur la même corde sensible que les deux jouent : le goût passéiste d’un régionalisme à deux sous. Un régionalisme machine à fric, une identité dont on se sert jusqu'à plus soif, un ficelle grossière mais qui rapporte. Ce penchant a d’ailleurs été à l’origine de quelques dérapages ces derniers mois. On se souvient de la banderole anti-chtis déployé au Parc des Princes lors de la finale de la coupe de la Ligue qui opposait Lens au PSG.

Dans La bonne soupe, Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, journalistes à Libération, disaient de la tendance à la localisation (à outrance ?) de l’information qu’elle ressemblait à une « pernautisation des médias français ». A cette vitesse-là, c’est bientôt d’une France pernautisée dont il faudra parler.

26 mai 2008

Cannes : la dernière soirée à la minute près

494243849.jpg20 minutes retrace minute par minute la dernière soirée du Festival de Cannes version 2008.

La nouvelle, la palme d'or a été attribuée au film de Laurent Cantet, Entre les murs.  

Pour tout savoir sur le palmarès de la 61ème édition, cliquez sur ce lien.

22 mai 2008

Indiana Jones IV : Jeune papa, vieux con

740664042.jpg« Leur trésor n’était pas l’or, c’était la connaissance ». Les yeux au loin, son borsalino réajusté impeccablement sur un début de calvitie naissante, Indiana Jones (Harrison Ford) a pris un petit coup de vieux. Normal, il a 65 ans. Et l’assume. Ce qui lui permet même de jouer au vieux con moralisateur. L’archéologue américain nous avait pourtant habitué à un peu plus de frivolité, pilleur de tombes et bourreau des coeurs.

« Professeur Jones, vous êtes un homme de contradictions », aurait pu oser la scientifique stalinienne Irina Spalko (Cate Blanchett), qui durant deux heures se contente de suivre Indiana à la trace. Et d’attendre qu’il la mène au Royaume du crâne de cristal (cf. dans le texte). L’Amérique du Sud était encore un continent inexploré, le voici sillonné du nord au sud par les Soviétiques à la poursuite d’Indy. Professeur à lunettes cerclées à « mi-temps », Indiana Jones se révèle, comme tout bon archéologue, sur le terrain. Comme dans les trois épisodes précédents, il a toujours réponse à tout et sait jouer des poings face à ses ennemis, nazis, indiens ou ukrainiens. Un des plus beaux moments du film : la mort d’un géant russe enseveli dans une fourmilière.

Côté intrigue, Spielberg a puisé dans quelques-uns de ses thèmes de prédilection. La soucoupe de ses Rencontres du troisième type et les petits aliens en plastique à la E. T. ont été ressortis du Hall of Fame d’Hollywood. Une fois les menues économies réalisées sur le scénario, c’est autant d’argent à mettre dans les effets spéciaux. Trop. Indiana Jones n’était pas un super héros, il l’est malheureusement devenu. Dommage, car il nous suffisait presque d’entendre les trompettes de la bande-annonce pour être envoûtés.

Nouveauté, Indy Junior n’est plus le fils, il est le père. Du jeune Mutt qu’il rencontre sur un quai de gare. Dans la famille, on reste cuir. Le modèle a changé, Mutt voyou gominé est passé au Perfecto. Entre père et fils, au début, on s’apprivoise. On discute de choses et d’autres, de spiritualité surtout.
Mutt : Dieu n’a pas cette tête-là (montrant un crâne inca)
Indiana : Ca dépend quel est ton dieu…
 
Le nouveau Jones est devenu un homme moral, plus calme, plus responsable. Un vrai papa. Dans la dernière séquence, il pousse le vice jusqu’à se marier. Triste fin pour un aventurier de sa trempe que de se ranger des voitures.


Voici la bande-annonce :

20 mai 2008

And Justice for All

Voici le dernier clip de Justice : 

Laissé sans commentaire exprès, j'attends vos réactions...

17 mai 2008

Indiana Jones : la saga continue

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Les trois premiers opus sont passés à la postérité. Cultes dès leur sortie, ils avaient réussi à déterrer un nouveau genre, le cinéma d'aventure.

Le premier est sorti en 1981. Indiana Jones et les aventuriers de l'arche perdue s'étaient mis à la recherche de l'Arche d'Alliance, dans laquelle Moise avait enfermé les dix commandements. Cet arche était également convoitée par les nazis, car elle était censée assuré la victoire à celui ou celle qui se la procurait. Déjà, Indiana Jones influe sur le destin du monde. 

Second film, Indiana Jones et le temple maudit dans les salles trois ans plus tard. L'archéologue doit retrouver les cinq pierres de Shankara, cachés en Inde. Ces pierres assurent fortune et gloire à ceux qui les possèdent et attisent donc la convoitise d'une secte secrète indienne. 

Enfin, sorti en 1989, et de l'avis général, le meilleur de la saga, Indiana Jones et la dernière croisade. Cet épisode nous en apprend plus que les deux précédents sur le professeur Jones. Il est plus drôle, jouant sur la relation père-fils entre Henry Jones Sr et "Junior". A la veille de la Seconde guerre mondiale, les nazis recherchent desepérement le Saint Graal, qui donne la vie éternelle à tout ceux qui boivent dans sa coupe. Le père d'Indiana, le docteur Jones (Sean Connery) est kidnappé par les allemands. Son fils se lance à sa rescousse. Avec en prime une séquence culte parmi les cultes, servi par une bande-son de John Williams : 

En 2008 sort un nouvel épisode, Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal.

La critique du film, bientôt sur Cinemoi.

11 mai 2008

Teeth : Les dents de l'amour

Avec un pitch si incisif, il paraît difficile d’échapper à la sortie de la semaine. Teeth, ou l’histoire d’une adolescente un peu mal dans sa peau, qui découvre à travers ses premières expériences sexuelles qu’elle est dotée d’un organe un peu particulier. Son vagin a des dents, qui sont une arme très pratique pour repousser les assauts des prédateurs masculins en tous genres.

La bande-annonce de Teeth :

03 mai 2008

Simplement sanglant

1510998798.jpgBlood simple est le premier long-métrage des frères Coen (The big Lebowski, O’brother). Tournée en 1984, avec un budget dérisoire, il fait déjà état de toute la maîtrise des réalisateurs américains. Les Coen rendent hommage, comme d’habitude, aux classiques du cinéma qu'ils aiment, ces films noirs aux dialogues tranchés et aux armes à feu prêts à siffler.

Le scénario, une histoire de coucheries. Marty, patron suant d’une veille discothèque du Middle-West apprend434549447.jpg que sa femme le trompe avec un de ses employés. Il engage un détective privé qu’il charge de la basse besogne : éliminer les deux impertinents. Ultime humiliation, Marty se fait doublé par celui qu’il a employé. De la figure de l’Américain moyen, obèse, santiags et rires gras à la pelle, le détective, l'immense acteur Emmet Walsh se transforme en tueur implacable, machiavélique au sang froid. Seul personnage à attirer un peu de notre capital sympathie au début du film, il devient le mal absolu, à qui l’on souhaite la pire des souffrances. Le couteau planté dans sa paume par la femme adultère est une séquence jouissive.

Chez les Coen, la violence est enfouie en nous, sale et moche. Elle n’est pas glorifiée à la moulinette hollywoodienne, mais sert une intrigue absurde des plus quotidiennes. Paradoxe, vous pensez.
 
Extrait :  
 

28 avril 2008

Duel : Spielberg seul au sommet

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Steven Spielberg ne doutait déjà de rien. A 25 ans, il réalise son premier long métrage, Duel, à partir d’une nouvelle de Richard Matheson, auteur et scénariste de nouvelles de science-fiction et d’épouvante.

Mono-intrigue, le film tourne exclusivement autour d’une course-poursuite entre deux véhicules : la Plymouth modèle Valiant de David Mann (Dennis Weaver), représentant de commerce pressé d’arrivé à son rendez-vous professionnel et le Peterbuilt 351, un quarante tonnes tout droit sorti des enfers. Sur la route, la Plymouth est ralenti par le camion, et le double à la première occasion. Mann s’aperçoit ensuite, dans son rétroviseur que le conducteur  n’a pas accepté de se faire dépasser. Le camion charge la Plymouth...

Spielberg en fait beaucoup. Avec peu. Le film est tourné en douze jours, avec un tout petit budget. L’analogie au style western est ici flagrante. Et pas seulement dans le titre. Comme dans chaque road-movie, la caméra s’attarde sur les grands espaces. La voiture, symbole de l’American way of life, comme cowboy solitaire poursuivi par la machine.

L’exercice de style est presque trop académique, tant le jeune réalisateur cherche à nous montrer qu’il peut tenir le spectateur en haleine grâce à sa seule virtuosité technique. Duel est un mémoire de recherche cinématographique. Forc est d’avouer que le pari est tenu, remporté avec félicitations du jury.

23 avril 2008

Young Yakuza : du Vrp au crime organisé

f7da1fa4fae2803b57e4adfa86b3eb52.jpgAllocution hachée, usage optimal du silence dans la conversation, gestuelle torturée, monsieur Ishi semble avoir tout retenu du cinémafia hollywoodien. Jusqu’au polo élasthané qu’il ose, et qui détonne, au milieu de tous ses hommes de main costumés cravatés. A la tête du clan yakuza Kumagai-Gumi, notre boss aime à se présenter en entrepreneur.

Mafieux à temps plein, il lui faut lier ressources humaines et profitabilité. Côté gestion des hommes, Young Yakuza nous en apprend un paquet. Comment les petites graines de criminels apprennent à servir le thé à leur chef, le plus docilement du monde. Comment ils font attention à ne pas se tromper de frigo, parce qu’ « il y a celui du boss, et il y a le nôtre ». Comment ils veillent à leur coupe de cheveux, par souci d’image.

Représenter, c’est d’ailleurs ce que ces yakuzas font de mieux. La caméra de Jean-Pierre Limosin les suit déambuler dans un centre commercial de la banlieue de Tokyo. Rien n’arrive. Pas de règlement de compte dans la rue, à la napolitaine. Pas de pizzo sicilien, la rançon qu’exige Cosa Nostra des commerçants de quartier. Le boss s’alarme juste d’un autocollant, distribué par la police. Il y est inscrit que les organisations criminelles ne sont pas les bienvenues. A bon entendeur.

Avant, il a fallu avaler le discours sauce managériale que le boss nous a servi en entrée. Il n’a accepté le tournage qu’à une seule condition : que rien des activités illégales de son clan ne fuite. Quitte à le faire passer pour un guignol du crime. C’est réussi.

18 avril 2008

Penn à y croire

f4ce1576aa1b51985694dd544b9d9d1a.jpgIl est né entre Santa Monica et Burbank, à quelques centaines de mètres de la colline aux stars, Hollywood. Dans une famille de cinéma. Papa Leo Penn derrière la caméra, maman Eileen Ryan, actrice de son état, devant. Sean Penn est, à l’instar de son frère Chris, très tôt attiré par le septième art. A vingt deux ans, il joue dans son premier long-métrage, Taps. Pour ne plus s’arrêter.

A tout avoir pour lui, Sean Penn agace presque. Ses conquêtes féminines et ses frasques de jeunesse font, à ses débuts, beaucoup pour sa notoriété. Penn y va même d’un petit séjour en prison, 32 jours, qu’il met à profit pour lire du Montaigne. « Il était l’écrivain idéal pour conceptualiser ce qu’il m’arrivait » avouera t-il en sortant.

Une consécration à venir
Ses convictions militantes détonnent à Hollywood. Penn ne se contente pas de jouer des rôles audacieux, il croit au pouvoir politique de ses films. Sa dernière réalisation, Into the wild retrace la fuite d’un jeune homme qui quitte l’existence confortable qui lui est promise pour un peu de spiritualité en plus. Dans son prochain film, Milk, dirigé par Gus Van Sant, Penn incarne un homme politique gay.

Il ne manquait à Sean Penn qu’une dernière consécration. Il l’obtiendra, en mai prochain, en présidant le jury du Festival de Cannes 2008. Son prix d’interprétation gagné sur la Croisette en 1997 et son oscar du meilleur acteur pour Mystic River empoché en 2003 n’auront pas suffi. La reconnaissance de ses pairs non plus. On s’en doutait à peine.

13 avril 2008

Délivrez-nous du mal : Le bon dieu sans confession

cddcb4756a64ba8a4503c6232c1761b6.jpgOliver O’Grady incarnait « ce qui ressemblait le plus à l’image que l’on se fait de Dieu ». Chaque matin, il lisait la Bible. Le soir, il priait avant d’aller s’endormir. Peu après qu’il s’installe en Californie, au milieu des années 70, sa bonhomie contagieuse lui vaut déjà les faveurs de nombreuses familles américaines. Lui, le prêtre irlandais d’une vingtaine d’années, à peine débarqué sur le nouveau continent qu’il s’efforce déjà à perdre son accent.

« Nous l’avons fait entrer dans la bergerie. Lui, c’était le loup, moi, j’étais la gardienne. Je l’ai laissé rentré chez moi, dans ma famille, et il a tout détruit ». Derrière l’image du prêtre O’Grady, pieux et vertueux, se cache la figure d’un prédateur insatiable. De 1974 à 1984, il reconnaît le viol de plus de 25 enfants. Quelques uns de ses témoins estiment le nombre de ses victimes à plusieurs centaines. En 1993, il est condamné à 14 ans de prison.

Le documentaire d’Amy Berg, Délivrez-nous du mal, sorti le 8 avril, retrace le périple du père Oliver O’Grady à travers la Californie. Il emménage à Lodi, pas loin de Sacramento pour officier à l’église Saint-Anne. Les premières affaires sortent, mais le clergé veille à protéger les siens. La loi du silence avant toute chose. Au courant, l’archevêché de Los Angeles décide de déplacer O’Grady de 80 kilomètres. Son nouveau terrain de chasse, Stockton. Puis Turlock. Puis San Andreas. Puis Hughson.

L’Eglise catholique prend la décision de muter O’Grady dans un nouveau périmètre à chaque fois que le pédophile est sur le point d’être inquiété. Au total, il officiera pendant 22 ans. L’archevêque Roger Mahony, devenu depuis cardinal, est le principal responsable de cette tragédie. Craignant une crise dans son évêché, il sacrifie tous ces enfants au maniaque, sur l’autel d’une respectabilité à sauvegarder.

La vérité est parfois difficile à regarder. Délivrez-nous du mal est une plongée de deux heures, en apnée, dans les entrailles de la misère humaine. « Je veux me promettre à moi-même qu’il s’agit là de la plus honnête de mes confessions » garantie Oliver O’Grady. Dans un ultime sursaut, c’est le pape en personne qui en prend pour son grade. Benoît XVI est accusé par la réalisatrice d’avoir couvert tous ces agissements.

Pour en savoir plus, visitez le site officiel du documentaire.


 Amy Berg répond ici à un magazine américain. Elle revient sur sa réalisation dans la vidéo ci-dessous. 

09 avril 2008

Mongol : Gengis et fils

3a7d22c5e23649d2d306a14a077c6a52.jpgMongol vient de sortir ce mercredi dans les salles. De mémoire, il s’agit d’un des tout premiers films russes à grand spectacle depuis l’éclatement de l’empire soviétique. La Russie, terre de cinéma et de quelques uns de ses fondateurs avait disparu du planisphère Septième art depuis bien longtemps.

Mongol retrace la première partie de la vie de Temudjin, esclave puis jeune chef tribal destiné à devenir le grand Gengis Khan. A sa mort, il a conquit la moitié du monde, de la Corée à l’Ukraine. Considéré comme le fondateur de l’empire mongol, il est une figure adulée en Mongolie. A tel point que les officiels ont baptisé l’aéroport d’Oulanbator, la capitale du pays, de son nom. Gengis Khan était déjà le nom d'une bière, d'une vodka...

Ironie du réalisateur Sergei Bodrov. Son film est une hagiographie de l’un des plus féroces envahisseurs qu’ait connu la Russie. Bodrov se défend dans un entretien qu’il a livré au Figaro : « J'avais envie de rétablir la vérité à son sujet, de lutter contre les stéréotypes et l'histoire officielle ».

Dépaysement total, la bande annonce en russe :



L'acteur principal, Tadanobu Asano est japonais. Très connu là-bas, il a joué dans Zatoichi, le film de Takeshi Kitano. Vous voulez en savoir plus sur cet acteur, cliquez ici.

06 avril 2008

Indiana Jones IV : Sortie le 22 mai

Harrison Ford est de retour. Avec encore un titre à rallonge : Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal. Sortie mondiale prévue en plein festival de Cannes, le 22 mai. Plus que six semaines d'attente. 

 

 

05 avril 2008

Free the West Memphis Three

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Pour beaucoup d’Américains, les noms de Damien Echols, Stephen Baldwin, et Jessie Miskelley sonnent familier. Trois hommes liés à l’une des histoires les plus glauques qu’ait connu les Etats-Unis.

Des faits sordides. Le 6 mai 1993, les corps de trois garçons de huit ans sont découverts dans un bois de la banlieue Ouest de Memphis, Tennessee. Ils ont été torturés et mutilés dans la nuit.

La ville s’embrase. Terrifiés par ce triple meurtre, tous les habitants de West Memphis font cause commune. Il leur faut un bouc émissaire. Ce sera un groupe de jeunes gothiques, qui avait pour habitude de se réunir dans ce même bois.

Galvanisés par l’inspecteur en charge de l’enquête, qui multiplie les déclarations hâtives et nie toute présomption d’innocence, échaudés par les incantations souffreteuses du curé de la paroisse, les familles des victimes entament une véritable croisade. La tête de ces trois jeunes pour toute vengeance.

Aucune preuve, rien. Le procès est un simulacre de justice. Damien Echols, présumé être à la tête du groupe sataniste est condamné à mort. Il n’a pas vingt ans au moment où tombe la sentence. Il est aujourd’hui encore dans le couloir de la mort. Jason Baldwin et Jessie Miskelley, plus jeunes, sont condamnés à perpétuité. Ils sont eux aussi, quinze ans après, derrière les barreaux.

Les documentaires Paradise Lost 1 et 2 de Joe Berlinger et Bruce Sinofsky sont des témoignages irremplaçables. Illustration croisée d’une loi du Talion aux accents girardiens (le bouc-émissaire), ils mettent à jour tout l’aveuglement et toute la cruauté humaine. A ranger en très bonne place, dans la catégorie « Erreurs judicaires », à côté d’un autre très grand documentaire de Jean-Xavier de Lestrade, Un coupable idéal.

Sachez que le combat pour la libération des West Memphis Three continue. L’énorme mobilisation autour de leur cause n’a pas encore suffi à la réouverture d’un nouveau procès. Pour en savoir plus sur le groupe de soutien des WM3, cliquez ici.

02 avril 2008

Camping versus Disco

On prend presque les mêmes, et on recommence...

Avec Disco, Fabien Onteniente fait une nouvelle fois dans la finesse.5b8baf30a3f8a9e9f4dcb2029c63c0f1.jpg

Nos héros portent des maillots de foot d'équipe de L2, histoire de faire encore un peu plus loosers : Nantes pour Camping, Le Havre pour Disco. Et la blague du slip kangourou. Celle-là, elle fait toujours marrer. Dans Camping, elle était évidente, dans Disco, Onteniente a quand même réussi à la caser. Puis il y a les coiffures à la con. Ca, c'est le créno Dubosc, tantôt pento, tantôt moumoute. Sans oublier le marcel, omniprésent dans les deux films. Et bien d'autres...

Ca, c'était la bande annonce de Camping :  

Ca, c'est la bande-annonce de Disco

30 mars 2008

Californication : piments rouges réclament justice

ae94380a4a8a41030594d6433c3a8196.jpgLes Red Hot Chili Peppers à l’attaque. Ils ont décidé de poursuivre en justice la chaîne américaine Showtime. La raison du litige ? Le nom de la nouvelle série en vogue outre-atlantique, Californication. Car Californication est aussi le titre de l’album des Red Hots sorti en 1999. Anthony Kiedis, chanteur du groupe dénonce ce plagiat dans le magazine Rolling Stone: "Californication est l'album, mais aussi le single et le clip le plus connu du groupe, et il n'est pas normal qu'une série télé puisse voler notre identité".

Les producteurs de la série n’en sont pas restés là. Ils ont même poussé le vice jusqu’à appeler un personnage de la série Dani California. Or Dani California est aussi le nom d’un autre titre des Red Hots, tiré de l’album de 2006, Stadium Arcadium. Visiblement, le clin d’œil est peu apprécié par le groupe, qui réclame des dommages et intérêts. Ironie de l'histoire, au moment de la sortie de leur single, les Red Hot ont été eux aussi accusés d'avoir plagié une chanson de Tom Petty, Last dance with Mary Jane. A l'époque, Petty n'avait pas entamé de poursuite judiciaire. Mauvais joueurs les Red Hot...qui n'acceptent pas qu'on plagie leur plagiat.
 
La comparaison est à charge pour le groupe californien. A vous de juger :   
 
  
Pour info, le clip de Dani California est de Tony Kaye, le réalisateur d'American History X. 

En attendant, la série Californication remporte un franc succès partout où elle est diffusée. Rapidement, elle met en scène un écrivain en panne d’inspiration à Los Angeles. La diffusion a débuté cet été aux Etats-Unis. En France, la série a débarqué sur M6 le 14 mars dernier. Et s’en tire plutôt bien, avec 20 % des parts de marché.

Voici le trailer de la série :  
 

28 mars 2008

Mumia Abu Jamal clame toujours son innocence

5dad32a6ceea95867f657bbb666c7059.jpgLa cour fédérale d'appel de Philadelphie vient d'annuler la condamnation à mort de Mumia Abu Jamal, accusé du meurtre d'un policier en 1981. La cour n'a toutefois pas reconnu l'innocence d'Abu Jamal : il écope d'une peine de réclusion criminelle à perpétuité. (Source AFP)

Le documentaire du réalisateur gallois Marc Evans In prison for my whole life, sorti l'année dernière, revient sur l'affaire Abu Jamal :

27 mars 2008

Dany Boon plus fort que de Funès

Enorme succès populaire pour Bienvenue chez les chtis. Le film de Dany Boon dépasse la Grande Vadrouille de Gérard Oury. 17 millions d'entrées en France métropolitaine, plus de 800 000 en Belgique, et le phénomène n'est pas près de s'arrêter. Sur la route de la gloire, plus que Titanic -21 millions de spectacteurs- à détrôner.

La sortie américaine de Bienvenue chez les Chtis est prévu pour avril. Le film aura l'honneur de faire l'ouverture du Festival du film français de Los Angeles. Le titre anglais : Welcome to the land of Sh'tis. Un choix un peu polémique. Dans le contexte actuel, espérons que les Américains ne confondent pas Sh'tis et Shites (Les Chiites en anglais)

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Autre remarque, la question des sous-titres. Comment traduire le chtimi en américain ? Vaste débat...

PS : Pour les fans, voici en exclusivité Cinemoi traduit en Chti.  

26 mars 2008

Lille : le court-métrage à l'honneur

Le Festival du cinéma européen a ouvert ses portes vendredi dernier à Lille. L’occasion de faire le point, à mi-chemin, sur la portée de l’Evénement « court-métrage » de l’année.  

Salle 9 de l’UGC Ciné-Cité, mardi soir. Le Festival du cinéma européen a délaissé Tourcoing et son Fresnoy, et emménage pour quelques jours en plein centre-ville de Lille. Au programme de ce soir, présentation du jury et projection de court-métrage. Claude Pinoteau, le président cru 2008 s’empare du micro, salue l’inititiative et passe le relais à ses collègues du jury, Philippe Nahon, Gérard Lauzier, Serge Avedikian. Tous aussi brefs les uns que les autres. Sophie Duez, plus prolixe, fait le point sur son parcours personnel. "Je ne travaille pas à Paris, mais au Théatre national de Nice. Ce n’est pas parce que je suis en région que je ne fais plus rien. Au contraire." Jean-Francois Derec, en grande forme, remercie le président du Jury pour le traitement de faveur dont il a bénéficié :  carbonade le matin, welsh à midi. Ce soir, il veut faire régime "à la bière". "Et merci pour les filles dans ma chambre d'hôtel" ajoute t-il tout sourire. Rires dans la salle.

Huit court-métrages suivent. Certains témoignent d’une grande créativité (Plus ou moins, Tony Zoreil), d’autres d’une parfaite maîtrise de la mise en scène (Orange Juice, Une leçon particulière). Mention spéciale pour ce dernier, un face-à-face sensuel entre une professeur de littérature et son élève.


Stéphanie, membre de l’association Prix de Court qui organise le Festival attend « encore plus de monde »

Après cinq jours, quel bilan tirer du Festival ?
On a beaucoup plus de monde que l’année dernière. Les projections au Fresnoy de samedi et dimanche ont plutôt bien marché. On attend beaucoup des séances à l’UGC de Lille, même s’il est difficile de faire le bilan comptable maintenant. (Les premières projections ont eu lieu hier). On attend encore plus de monde.

Et les retours du public ?
Très bons. Il y a du monde à nos séances, et les court-métrages sont de qualité. Que demander de plus ? Encore du monde. Le Festival se termine vendredi prochain. Au programme, remise des prix par le président du jury Claude Pinoteau et soirée de clôture. Pour ceux que ça intéresse, c’est à 20 heures à l’UGC.

25 mars 2008

Requin parmi les siens

Rob Stewart ne manque pas d’air. En plus d’être un apnéiste hors pair, il se montre marketeur de génie. La bande-originale de son documentaire Les seigneurs de la mer n’a pas à pâlir face aux derniers blockbusters hollywoodiens. La voici en intégralité :



Sur internet, le site du film sharkwaters.com est un modèle du genre. L’internaute est prévenu à l'avance, the truth will surface (La vérité au grand jour). Il est même possible de signer une pétition en ligne. Si vous voulez sauver les requins, cliquez ici.

Mais qui est Rob Stewart ? Le plongeur-biologiste-documentariste est né à Toronto. Malheureusement pour lui, les requins ont toujours préféré les eaux tempérées de la mer des Caraïbes à la glace du lac Ontario. Rob doit donc quitté son Canada. A neuf ans, il embarque pour les îles Caïmans. Il y rencontre son premier requin. Coup de foudre, Rob plonge. Les prédateurs à la Spielberg, Rob se met à les aimer.

S’en suit des voyages aux Bahamas, en Jamaïque. L'idée d'un documentaire lui vient. Il lui prendra cinq ans. Rob décide de partir à la chasse aux chasseurs de requins, ces braconniers sans foi ni loi qui vendent les ailerons de squales pour une poignée de dollars. Du Costa-Rica aux îles Galapagos, il mène l'enquête. Et rejoint ces amis les bêtes sous les tropiques, dans les lagons bleus des mers du Sud. De quoi travailler son bronzage, qui fait merveille dans tous les festivals du monde entier. Do ya think I’m sexy, Rob ?

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22 mars 2008

Voir Sicko et mourir

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Michael Moore sort une fois encore l’artillerie lourde. Dans Sicko, il attaque bille en tête : flinguer le système de santé américain. Comme d’habitude, c’est du Moore. Une mauvaise foi énorme, des parallèles douteux et un humour décapant au service de sa croisade à lui : militer pour une couverture universelle de santé aux Etats-Unis.

Première béquille de Citizen Moore, les exagérations spectaculaires. « Des Américains qui prient tous les jours pour ne pas tomber malade » apprend-on dès l’introduction. L’image est choc : la plaie ouverte, un homme se recoud le genou tranquillement. L’air de dire, « je fais ça tous les jours ».

Autre péché mignon de Super Mike, les témoignages biaisés. Moore aime jouer de la corde populiste. Des victimes "victimisées" par sa caméra, des puissants insensibles à la misère humaine. Le message est efficace, simple à recevoir, mais la ficelle est sans doute moralement questionnable.

Sicko est aussi l’objet de raccourcis douteux. Les prisonniers de Guantanamo sont filmés jouant au football dans leur cages. Le commentaire off nous apprend que l’Etat américain met à leur disposition tout un appareillage sanitaire. Comment...Des prétendus terroristes mieux traités que les héros du 11 septembre.

L’humour de Moore sauve le documentaire. Il en fait un film partisan, et assumé comme tel. Moore ne fait pas de journalisme, il fait du militantisme. Il ne s'efface pas pour laisser parler les autres, il s'impose à l'écran, et ce faisant, il est plus honnête envers son public. Sicko, c'est sa vision. Partagée ou non, elle fait réfléchir. Et c'est déjà pas mal.
 
Michael Moore s'explique dans cette vidéo, en anglais : 


 

Pour les autres, voici la bande-annonce de Sicko en français, sorti le 17 octobre dernier :  

19 mars 2008

Saga Americana : There will be blood

Daniel Day-Lewis est formidable. Presque trop. Le personnage qu’il incarne, Daniel Plainview est comme "lui-même aime à se définir", un « oilman », un homme de pétrole. Un caractère forgé à la caillasse, sans merci. Un type qui s’est construit seul, qui a laissé quelques uns de ses rares amis au fond d’un puit, et qui n’en gagné qu’un fils adoptif sans nom, H.W. L’effet Day-Lewis fonctionne à merveille la première heure. Presque tout est dit dans la séquence initiale. Plainview seul dans l’obscurité pioche dans les parois d’une galerie souterraine, à la recherche de ce qu’on sait être du pétrole. Les muscles éreintés, le corps voûté par le labeur, Plainview creuse. Sans un mot. Les sirènes de Jill Greenwood disputent la bande-son au piolet. Jusqu’à l’accident, la chute. Plainview, la jambe cassée, remonte son échelle à bout de bras. En haut du puit, il se met à ramper vers la colline. L’ascension est douloureuse, mais elle est une survie. C’est toute la thématique de Plainview, au surmoi gros comme ça.

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Le réalisateur Paul Thomas Anderson nous donne d’abord à voir un manipulateur cupide et ambitieux. Un homme à qui la vie n’a pas fait de cadeaux, et qui de ce fait est excusé. Un homme, qui, s’il se sert de son fils adoptif pour attirer la sympathie, a eu le cœur de l’élever. Nous lui pardonnons d'abord chacun de ses délires, chacune de ses combines. Car Anderson colle une séquence « sympathie » (dont des retrouvailles avec son fils) au moment où nous commencons à douter du fond de Plainview. Or, in fine il est bien ce sadique irrécupérable. Nous ne le comprenons qu’en chute. L’astuce d’Anderson, c’est de nous avoir fait croire qu’il filmait la saga d'un exemple. Et nous nous en mordons les doigts, de notre crédulité, de lui avoir accordé le bénéfice du doute.

Le film est au final réussi. Des acteurs convaincants, une photographie somptueuse et une bande-son particulièrement originale. Pour ainsi dire, une fresque sans accroc, sauf peut-être un bémol, la faiblesse des dialogues entre les personnages. Sans doute ont-ils été étouffés par l’ogre Day-Lewis ?

 

17 mars 2008

Le printemps en avance

Printemps du Cinéma oblige, la séance est à 3,50 euros. 

Profitez-en, vous avez jusqu'à mardi soir... 

En attendant, voici la bande-originale de Be kind Rewind :

 

12 mars 2008

L'anniversaire

Merci à tous, lecteurs, d'être chaque fois plus nombreux sur Cinemoi. Le blog fête son premier mois, et ses 15 000 visites. Le début d'une longue histoire.

Cinemoi cherche à susciter la discussion. Comme tous les débats intéressants, ceux-ci doivent être vifs, opposer des positions tranchées, et ne pas souffrir la demi-mesure du "politiquement correct" bien pensant. Le ton volontairement provoc' , voyez-là comme une incitation à réagir, à commenter. Sachez que toutes les positions sont défendues avec "honnêteté journalistique". J'entends par là une certaine exigence de ne pas "trafiquer" la réalité pour la faire "coller" avec telle ou telle idée préconcue. 

N'hésitez pas, dans vos commentaires, à me donner quelques conseils pour la suite. Que voudriez-vous en plus sur Cinémoi

Et n'oubliez pas, l'actualité cinéma est chargé ce mois-ci. A voir absolument : There will be blood et Soyez sympas, rembobinez.  

10 mars 2008

Le Festival du Cinéma Européen vous attend

Retour à notre premier amour, le cinéma. L’ellipse télévisuelle de ces derniers jours aura suscité de nombreuses réactions. Tant mieux, c’est tout l’objet de Cinémoi.

08ab9c67f2eac0f03ecde0d2a1ef6a9c.jpgLe temps d’une semaine, du 21 au 28 mars prochain, l’association Prix de Court organise le 24ème Festival du Cinéma Européen. Nouveauté cette année, les soirées seront thématiques : les courts-métrages sont présentés selon leur genre (familiale, décalé, etc) et la nationalité de leurs réalisateurs. Un jury de huit personnalités du grand écran, dont Micheline Presles et Claude Pinoteau se chargera de récompenser les meilleures productions pour chaque catégorie.

Dans le cadre du Festival sont également organisées des séances long-métrages hors compétition. Le 22 mars, Le sens de la vie de Terry Gilliam et ses Monty Python ouvre le bal. La Cité de Dieu, Les convoyeurs attendent, Jesus Camp et d’autres sont programmés tout au long de la semaine. Partenaires du festival, l’UGC Ciné Cité de Lille et le cinéma du Fresnoy accueillent les projections. Affaire à saisir, le pass Semaine est à 12 euros en prévente.

Pour en savoir plus sur l’évènement Cinéma du mois de mars, cliquez ici.

Pour connaître le programme complet du festival, cliquez

09 mars 2008

Le malheur de Sophie

« Il se trouve que l’actualité se télescopait ». La formule est de Robert Namias, directeur de l’information de TF1. Revenu sur l’épisode Le Pen-Marceau, il a dit « respecter le choix » de l’actrice française. Cette dernière avait refusé d’être interviewée à la suite du leader du Front National, lors du journal télévisé de lundi dernier.

Deux conclusions à tirer. Pour Robert Namias, l’actualité de TF1, c’est l’Actualité tout court. Quand il parle 09a760a94402d134e48925f86c50db66.jpgdu « télescopage » de lundi, il nous fait croire que la Grande Actualité s’imposait à TF1. Pour Namias, la Grande Actualité en ce lundi 3 mars, c’est Le Pen et  Marceau. Démocratiquement parlant, l’invitation de Le Pen est tout à fait légitime. Mais Sophie Marceau et Ses femmes de l’ombre. Quelle légitimité ? Ah si, TF1 produit le film. Il faut donc en assurer la promotion. Quoi de mieux qu’un 20 heures, le vernis d’une innocente « sortie cinéma de la semaine » en prime ? Namias aurait pu inviter Marceau le lendemain. Impossible ! Mardi, la rencontre de football Manchester-Lyon a déjà raccourci le journal de vingt minutes.

Second enseignement de l’épisode, la tribune offerte par Marceau à Le Pen. L’actrice refuse d’enchaîner après lui. Soit ! Mais ce faisant, elle crée l’évènement, et offre au leader du Front National une nouvelle possibilité de s’afficher en victime." C'est la nouvelle seigneurie de notre temps. On gagne beaucoup d'argent, on est souvent placé dans des situations prestigieuses, favorables, on est aimé, alors par conséquent on se croit tout permis", a-t-il repris, lors d’une conférence de presse le lendemain. Sophie ou les ravages de la bien-pensance. 

08 mars 2008

Les Enfoirés nous font chier !

Record d’audience pour TF1 : 10, 7 millions de téléspectateurs hier ! La Une signe ici la meilleure audience télé depuis le début de l’année. Retransmis en simultané sur RTL, l’évènement fait chaque année l’objet d’une promotion considérable. La sortie du disque, le lendemain de la soirée, est saluée au journal de 20 heures. « Mobilisez-vous », « C’est pour la bonne cause » !

Et personne pour dénoncer ce spectacle affligeant d’immoralité. Un entre soi d’artistes autoproclamés qui saisissent l’occasion pour se rappeler à nos bons souvenirs. Alizée, oubliée des scènes depuis des années revient. Et ce sont ces Enfoirés, si généreux, qui l’accueillent. Des fois qu’il lui viendrait l’envie de sortir un disque.

Les Enfoirés sont si sympas. Bienvenue dans la famille ! Les nouveaux s’y intègrent rapidement. Christophe Maé, un petit nouveau, brise la glace : «  C'est cool, d'être un Enfoiré. Lorsque ma maison de disque m'a appelé pour me proposer de participer, je n'y croyais pas. »  Moi qui croyais que le choix de chaque artiste était purement individuel, et non dicté par les grandes majors. Quelle naiveté ! Visiblement, Maé n'est pas au point niveau media-training. ca6916642403ca6a5b6799e636b53945.jpg

Et l’argent de la publicité ? Que fait TF1 de ses recettes publicitaires ? Ne l'oublions pas, la soirée se déroule sous l'égide de Coluche. A nous les images d'archives, Coluche versant la soupe, Coluche nous expliquant la nécessité d'agir pour les Restos. Lui qui avait fait de l'autodérision sa marque de fabrique doit se retourner dans sa tombe. "Ah, les enfoirés, mais pour de vrai"

04 mars 2008

La môme : une erreur de jeunesse ?

Un scoop bien en retard. Cet extrait de Paris Dernière, l'émission présentée par Xavier de Moulins date de plus d'un an. La reconnaissance soudaine de l'actrice française a suffi à faire de ces images "la polémique Cotillard". Même le présentateur s'interroge : "Quand on a diffusé l'émission, l'an dernier, on n'a eu aucune réaction. Aujourd'hui, on déterre ce truc. Je trouve la méthode un peu bizarre."

Un moment d'égarement ?

02 mars 2008

La Vie en noir

Parmi les succès de l’année 2007, vous avez choisi de classer la Môme en premier. Le film d’Olivier Dahan a rassemblé près d’1/3 des suffrages, devant Pirates des Caraibes 3. Rocky Balboa et Spiderman 3 figurent au milieu du classement, Taxi 4 fermant la marche. Il n’est pas question ici de revenir sur la prestation de Marion Cotillard, qui mérite sûrement les multiples récompenses qu’elle a reçues ces dernières semaines. Sa doublure-voix dans le film, Jil Aigrot n’a elle rien récolté. Passons.

Reproche de taille : le film n’est qu’un prétexte à la starification de son actrice principale. Les scènes s’emmêlent, Edith Piaf jeune puis vieillissante, puis jeune, puis agonisante. Oui, quel maquillage, quelle ressemblance, mais quel message ? Une artiste si dévouée qu’elle est prête à mourir sur scène ? Déjà vu. Certes, la Môme est un film autobiographique, centré sur son sujet, mais la réalisation ne laisse aucune place au reste, ce qui sembalit le plus intéressant : la vie autour de Piaf. Comme par hasard, les passages les plus émouvants sont ceux d’Edith avec Marcel Cerdan, un autre. Dans un film est mono-intrigue, le parti pris d’une mise en scène entremêlée ne se justifie donc plus du tout.

Dès les premières images, le ton est donné, le tout sera misérabiliste. Des travellings qui nous décrivent la misère des débuts de la môme aux zooms sur les traits tirés de la Piaf déchirée, l’angle est résolument maintenue. Sombre. La bande-son omniprésente fait tomber le film dans un pathos sans fond. La Vie en rose est décidément bien morbide.

La parole est à la défense, Olivier Dahan revient ici sur son projet :  

01 mars 2008

La défense Defonseca

Le scoop est venu du Soir, l’un des principaux quotidiens de Belgique. Celle qu’on prenait pour Mischa Def4a5afa0f5489ec69dcc281eddc104e3a.jpgonseca, l’héroïne du « Survivre avec les loups », a menti sur toute la ligne. Présentée comme une œuvre autobiographique, son livre n’est en fait qu’une imposture. Celle d’une petite fille juive de 8 ans qui traverse l’Europe toute seule, 3000 kilomètres tout de même, à la recherche de ses parents déportés. Sauvée par une meute de loups, la petite Mischa raconte son histoire soixante ans après… Comme une preuve de « la cruauté des hommes et de l’humanité des animaux », pouvait-on lire dans les critiques du film sorti le 16 janvier dernier.

« L’histoire vraie d’une rescapée de la Shoah » s’affichait en quatrième de couverture du livre édité par Bernard Fixot, vendu à 200 000 exemplaires en France. Gage de vérité, le tampon du vécu donnait au récit tout son sens : une petite fille seule contre l’implacable machine nazie. Voilà qu’on sait que tout est faux. En recoupant la biographie de son père résistant et le témoignage d’une cousine retrouvée à Bruxelles, un journaliste belge s’est rendu compte de la supercherie. Mischa Defonseca s’appelle en fait Monique De Wael. Voici sa déclaration.

Monique de Wael se met alors à vouloir expliquer son canular. Les choses se gâtent. Non contente d’avoir été malhonnête avec ses millions de lecteurs mondiaux, et les quelques 500 000 spectateurs du film tiré de son livre, Monique se pose en victime : « A ceux qui se sentent trahis, je les supplie de se mettre à la place d’une petite fille de quatre ans qui a tout perdu, qui doit survivre, qui plonge dans un abîme de solitude… ». L’éditeur du livre la soutient même : « Misha a menti, mais son histoire n'est pas moins incroyable que celle de ces gens d'un héroïsme extraordinaire revenus des camps ». Même son de cloche du coté de chez Bac Film, qui s’est chargé de la distribution du long-métrage : « Ce conte tragique reste un bel exemple de courage et de persévérance contre l'adversité » affirme Mathieu Piazza, un des responsables de la maison de production. Quel courage ? Celui de mentir ?

90a50c1bd9bb1f2dce4ace67805e695e.jpgFinalement, seule la réalisatrice Véra Belmont s’est dite « décue ». Et encore, à demi-mot, elle « en veut un tout petit peu » à Monique de Wael. Première mesure prise, le « d’après une histoire vraie » sera supprimé des écrans. Moindre mal. Le pire pour Monique, son histoire aurait sans doute fait une bonne œuvre de fiction si elle avait été assumée comme telle.

27 février 2008

La Môme !

868a303f920f1f57bd15bfb2d8be94f3.jpgIl ne vous reste plus que quelques jours pour répondre au sondage Cinemoi. 

" Parmi les succès 2007, lequel avez-vous préféré ?" Pour l'instant, La Môme arrive en tête, avec 34% des suffrages. Les résultats définitifs seront publiés vendredi soir, avec article et discussion.

A vos clics,  

 

25 février 2008

La polémique Amalric

« César, l’ouvre pas ». Matthieu Amalric est formel, il se dit victime de censure. « Je n’en reviens pas, je ne savais pas que c’était si simple que ça, la censure ».

Retour sur les faits. Lors de la dernière cérémonie des Césars, vendredi dernier au Théâtre du Châtelet, l’acteur français est récompensé pour la seconde fois de sa carrière. Sa performance dans « Le scaphandre et la papillon » est saluée par la majorité des membres de l’Académie des arts et des sciences du cinéma, qui chaque année se charge de la remise des prix. Sauf que Matthieu Amalric n’est pas présent au Châtelet. Il est actuellement au Panama, sur le tournage du prochain James Bond.5f40aaf57341d80bd11e40a6e24ad2c9.jpg

Juste « au cas où », Amalric a envoyé un discours de remerciements. La suite, Amalric gagne. Son discours est donc lu par l’animateur de la soirée, Antoine de Caunes. Seulement, ce que lui reproche l’acteur tout juste récompensé, c’est de ne pas être allé au bout de sa lettre. La dernière partie de son message n’a pas été lue, or, c’était justement là qu’Amalric s’en prenait aux grandes maisons de productions et ses multiplexes. Voici quelques morceaux choisis du reste de la lettre : 

« Mais la salle de cinéma. Oui, la SALLE de cinéma, elle, doit pouvoir continuer à s’inventer. (…)

Insupportable "trompe l’œil" des multiplexes. Les chiffres comme seule ligne d’horizon. Aveuglement, brouillage, gavage, lavage. Et quelle solitude. Vous avez déjà parlé à quelqu’un dans un multiplexe ? Pas moi. D’ailleurs c’est impossible, ce qui compte c’est le flux. "Circulez s’il vous plaît, y’a rien à voir" . Au suivant ! bande de Brel. (…)

Ce tissu de salles, que le monde entier nous envie, est notre cœur, nos poumons.

Sinon...

Sinon on va tous finir devant nos "home cinéma" à se tripoter la nouille...

Bons baisers de Panama...

Mathieu

En guise d’explications, le producteur de l’émission, Renaud Le Van Kim a prétexté la longueur du discours de l’acteur : «Nous avons décidé de raccourcir la lettre parce que nous avions déjà du retard. On a enlevé la partie sur les multiplexes parce que Jeanne Moreau venait, mot à mot, de dire la même chose ». Un peu plus tard, Le Van Kim s’exprime une nouvelle fois : "Nous sommes tout à fait désolés qu'il ait pu imaginer une censure quelconque. Il n'a sans doute pas évalué dans quelle précipitation nous avons dû gérer ce texte imprévu dans le conducteur d'une émission en direct de cette ampleur". Le Van Kim dit avoir raccourci la lettre en accord avec l’agent de l’acteur. C’est ce qu’on appelle refiler la patate chaude.

De son côté, Antoine de Caunes assure avoir lu toutes les fiches qu’on lui a transmises avant la cérémonie. "Mathieu Amalric a demandé que ce soit moi qui lise sa lettre, confirme-t-il. A la dernière minute, on m'a passé quatre fiches et j'ai tout lu de la première à la dernière ligne. Vous pensez bien que je ne me serais pas privé d'une déclaration politique ni de la chute sur "se tripoter la nouille"", a-t-il assuré au Journal du dimanche. Dès dimanche, l’Union des journalistes du cinéma (UJC) s’est montré solidaire de l’acteur. Bien sûr, Canal Plus se défend de toute censure. Michel Denisot, le directeur artistique de la soirée l’a confié à Mediapart : « Les coupes qui ont été décidées n’ont rien à voir avec le contenu politique des dernières lignes du texte ». C’est ce qu’on appelle retirer les marrons du feu.

Entre patate chaude et marrons carbonisés, la petite cuisine des Pathé, Gaumont et consorts n’est pas du goût d’Amalric. Il y est toujours affaire de recettes.   

Quand César rencontre Oscar

8c36010ca1e95bca4ac65746158e6c7d.jpgCette nuit, dans quelques heures, nous saurons si Marion Cotillard réussira son Grand Chelem à elle. Après avoir gagné le Golden Globe le 14 janvier, le BAFTA quelques jours plus tard -une première pour une actrice française-, le César vendredi dernier, il ne lui reste plus qu'à séduire les 5816 membres de l'Académie des arts et des sciences du cinéma. C'est bien peu face aux cinq millions de Français qui sont venus voir La môme en salle. C'est énorme quand on sait que la seule et dernière Française à avoir remporté la statuette de meilleure actrice était Simone Signoret, en 1960, pour Les dessous de la haute ville

22 février 2008

L'aubaine Boon

« Bienvebdca3ebe61bbcff0c4cb29a5ed367627.jpgnue chez les Chtis », c’est un peu « La vérité si je mens ! » dans le Nord-Pas-de-Calais. Un étranger plein de préjugés débarque dans un univers qu’il ne connaît pas et qu’il pense impayable. Philippe Abrams (Kad Merad) est ce nouvel Eddy, l’ancien goy joué par Richard Anconina. Muté dans un patelin du Nord pour faute professionnel –Abrams a joué un handicapé pour obtenir un poste à Cassis- il arrive seul. Sa femme a eu trop peur de l’accompagner là-haut. A Bergues, il se croît pire qu’ailleurs. Mais entre le bureau de poste en briques, la baraque à frite de Chez Momo, et le beffroi de la Grand’place, Philippe Abrams va retrouver les vertus de la simplicité.2bcdd0667e8e753f2640fc6224543668.jpg

Cet étranger, c’est aussi le spectateur. Rassurons d’emblée le dircom’ du conseil régional, le message est bien passé : venez dans le Nord-Pas-de-Calais, vous y découvrirez des gens qui rigolent : « t’en que t’as pas mal au cul, tu peux t’asseoir dessus ». Et puis, au feu les doudounes et la chapka, il n’y fait pas aussi froid. Les gens y sont tous attachants, surtout les collègues du bureau de Poste qui se plient en quatre pour faciliter la vie de leur directeur. La bière coule, de marque « Chti » juste au cas où...Autant, dans « La vérité », on utilisait l’argent pour en rire, et se moquer gentiment des vendeurs-flambeurs du Sentier, autant ici, on la joue simple, « casse-croûte de chez Maman » et bière au comptoir, mais on soupçonne déjà les partenariats en tous genre et les retombées de sousous. Aux dernières nouvelles, les gens de Bergues auraient voulu que le film parle au moins du fromage de la ville….

Pour Philippe Abrams, c’est déjà l’heure de partir. Trois ans ont passé, qui ont fait de lui un vrai chtimi. Et comme Antoine,alias Dany le lui avait dit, « dans le ch’Nord, tu braies deux fois, quand tu viens, et quand tu repars ». Alors Philippe Abrams se met à pleurer. Quitter Antoine, son ami, si naïf, mais si bon. Un brin alcoolique, mais par amitié. Attention, en dessous de sa carapace, c’est aussi un artiste, un carillonneur de grand talent. C’est d’ailleurs grâce à son instrument qu’il charme la belle Annabelle.

Dans la salle, les spectateurs ont beaucoup ri. Osons dire qu’ils étaient déjà tous acquis à la cause de Dany. On ne s’attaque pas à la deuxième personnalité la plus appréciée du Nord sans crainte. J’en ai fait l’expérience à travers vos commentaires. Au final, les acteurs jouent plutôt bien, mention spéciale au passage de Michel Galabru. Sauf la navrante Zoé Félix, mais d’après son mari, « ce n’est pas de sa faute, elle est déprimée ». Autre beau passage du film, la séquence tournée à Bollaert. Au final, un fil sympathique, c’est tout. Mea culpa, le film de Monsieur Boon n’aspire peut-être qu’à cela.

21 février 2008

Boon perd-il le Nord ?

Merci à tous les commentaires laissés sur le précédent billet. Vous faites vivre ce site, et susciter la discussion autour du « Bienvenue chez les Chtis » de celui qu’on présente comme l’enfant du coin, Dany Boon.

L’initiative de l’humoriste est louable : son film prend le contre-pied d’un bon nombre de clichés associés à la région Nord-Pas-de-Calais. Non, il ne fait pas qu’y pleuvoir. On n’y meure pas plus jeune à cause du manque de lumière. Seulement voilà, Dany Boon tord le cou à ses clichés avec d’autres préjugés. Comme si les gens du Nord étaient tous attachants comme l’est son personnage. Comme si les gens du Nord mangeaient tous de la tarte au maroilles au petit-déjeuner.6715ffca767c549333230f27429c0086.jpg Comme si les gens du Nord parlaient tous le chtimi...

C’est là qu’on apprend que la ville dans laquelle il a tourné son film, Bergues, n’est pas proprement chti, mais flamande. Son nom, « berg » signifie une colline en flamand. Pourquoi Boon n’a-t-il pas pris une ville chti ? « J’ai de la famille à Bergues, notamment l’ancien carillonneur du beffroi » répond t-il. Suffisant pour nous convaincre du tour de passe-passe ?

Dany Boon est sûrement un type très sympa. Comme son film l’est. Mais il est un peu à côté de la plaque quand il nous parle de sa région chérie. On ne répond pas à des poncifs par d’autres poncifs. Ne demandons pas à ce film de divertissement ce qu’il n’est pas : une représentation exacte de ce que sont les gens du nord. Un film seul le pourrait-il ?

20 février 2008

Dany boudé

Aujourd'hui mercredi 20 février, sortie en fanfare du film de Dany Boon "Bienvenue chez les Chtis". Ici, à Lille, on ne parle que de ça. D'autant que la date de sortie nationale a été repoussée à la semaine prochaine pour laisser aux Lillois le privilège de la primeure.

Evènement considérable, un TGV avait été spécialement affrété lundi, pour emmener les guests de l'avant4285c03b4cf0041f4e374ee53ab89406.jpg-première à l'UGC du centre-ville. Deux pleines pages dans les deux quotidiens régionaux, La Voix du Nord et Nord-Eclair ont assuré la communication autour d'un film dont on sait juste que "c’est l’histoire d’un fonctionnaire du Sud qui est puni et qui est muté dans le Nord-Pas-de-Calais", dixit Dany. 

 Pour vous faire patienter jusqu'au 27, voici la bande-annonce : 

L'initiative ne fait pas que des heureux. Les premières critiques portaient sur le soutien financier du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, qui a déboursé 600.000 euros pour assurer la promotion du film. Pour justifier ce chèque, Daniel Percheron, le président de la région a osé un "Je suis Dany-Booniste".

Mr Boon se voit l'ambassadeur de son Nord natal. Jusqu'à vouloir détenir le monopole de la culture Chti...

18 février 2008

Le diable au corps

La grève des scénaristes d’Hollywood a pris fin le 13 février. Durant trois mois entiers, ils ont cessé leur travail pour protester contre l’exploitation abusive de leurs films sur les nouveaux supports médiatiques, Internet en tête. Depuis, ils ont obtenu gain de cause. Un nouvel accord signé entre le syndicat des producteurs et celui des scénaristes (Writers Guild of America) prévoit de doubler les droits d’auteurs de ces derniers.

La pénurie de scénario pendant cette trêve a empêché le tournage de séries comme 24 ou Desperate Housewives. Dure. Mais elle a eu le mérite de révéler une nouvelle tête, Diablo Cody, scénariste du film Juno sorti cette semaine.

Diablo Cody  adb81c39444dcf5c2751a82f3fec45cf6.jpg une histoire au moins aussi fantasque que peut l’être son nom d’emprunt. Diablo, « le diable », Cody, pour une ville du Wyoming. On n’en sait pas plus. Diablo s’est d’abord fait remarqué par son blog, The Pussy Ranch, dans lequel elle retrace ses premiers pas dans le monde du strip-tease, dans un club de Minneapolis. Elle y a travaillé pendant un an. De cette expérience elle tire ses mémoires, Candy Girl: A Year in The Life of an Unlikely Stripper (Femme-bonbon : un an dans la vie d’une stripteaseuse) publiés en 2006. Puis elle se lance dans l’écriture de scénarios, ce qu’elle n’a jamais fait auparavant. « N'ayant aucune idée de comment procéder, je suis allée à la librairie du coin acheter les scripts d'American Beauty et de Ghost World, deux films qui m'avaient plu. Je les ai feuilletés, pas pour trouver des astuces de narration ni pour m'inspirer des dialogues, mais simplement pour imiter la mise en page et apprendre à présenter un scénario en bonne et due forme » lâche t-elle à Télérama.e251b559be7dd51987d815450b6531a1.jpg

Juno va l’absorber pendant des mois. L’histoire de cette adolescente tombée enceinte, qui va donner son enfant à un couple stérile fait un carton aux Etats-Unis (117 millions de dollars). Le film est d’ailleurs nominé quatre fois, aux Oscars, dont une fois pour le prix du meilleur scénario. Diablo Cody écrit actuellement une série (Les Etats-Unis de Tara) pour Steven Spielberg et travaille sur un autre long-métrage dont elle a dévoilé le pitch l’automne dernier au festival de Toronto: une pom-pom girl schizophrène en serial killeuse. A suivre.

 

 

16 février 2008

Poudre aux yeux

Est sorti aujourd’hui sur Dailymotion  le documentaire « Poudre aux Yeux ». Il retrace en 71 minutes le combat mené par les enfants de Don Quichotte, l’hiver dernier.

En quelques jours, Augustin Legrand a réussi à prendre à parti la France et les Français, « ces nazes », qui en lieu et place d’un nouvel Hiver 54 ont préféré le confort d’une compassion inactive. 

On peut tout dire sur ce documentaire, qu’il est évidemment partial, qu’il fait la part belle à Augustin, et f455e87604452c155d732317595983ef.jpgqu’il nous renvoie une image infantilisante des SDF du campement. Qu’il fait se confronter deux choses difficilement comparables : l’action visible d’une poignée de militants déterminés, envers qui nous ressentons forcément de l’empathie, et les joutes oratoires d’une classe politique dépassée. L’action militante et la gestion politique n’appartiennent pas au même registre, ni au même calendrier. Au lieu de les opposer, il aurait fallu les articuler ensemble. Oui, mais voilà, la crise du logement en France est toujours aussi grave, et les politiques n’ont pas pris conscience de la nécessité d’une action de long terme, qui ne soit pas dictée par l’urgence, mais par l’anticipation. C’est sur constat que se termine le film. Un appel au rassemblement est lancé : le 21 février place de la République à 18h.

Pour plus d'infos, le site des enfants de Don Quichotte

15 février 2008

Le rhume de Coubertin

Alors même que la brise de l’olympisme s’essouffle sur nos écrans, que les Ave Moi n’ont fait marrer personne, côté court, c’est la douche froide pour les organisateurs des Jeux Olympiques de Pékin.

 

5530eb48e5f1e61b8564ab3bb78904d6.jpgSteven Spielberg vient d’annoncer qu’il mettait un terme à sa collaboration avec le comité olympique chinois. Chargé de la mise en scène des cérémonies d’ouverture et de clôture des JO, Spielberg a préféré prendre ses distances. Un crève-cœur pour ce fan de baseball, casquette MLB (Major League Baseball) toujours vissée au front, qui s’était sans doute fait un plaisir d’assister à la finale de la discipline, entre la promotion de son nouvel Indiana Jones, la post-production de Lincoln, et le tournage de Tintin. Après Munich en 2006, il n’y aura malheureusement pas de Pékin 2008.

 

En cause ? Le soutien infaillible de la Chine au régime de Khartoum lors de la crise humanitaire n’est pas du goût du réalisateur américain. « La chine devrait faire plus pour mettre un terme aux habitants du Darfour » a-t-il expliqué mardi. Dans une lettre qu’il avait d’abord adressée en novembre au président Hu Jintao, Spielberg s’était dit « perturbé » par le silence chinois. Perturbé, il l’était sans doute encore plus par l’article qu’avait fait publier Mia Farrow dans le Wall Street Journal en mai 2007. L’actrice américaine lui demandait de quitter " les Jeux Olympiques du génocide ", au risque de devenir le « Leni Riefenstahl des JO de Pékin ». Pour le réalisateur de la Liste de Shindler et à l’origine de la Fondation de la Shoah, le parallèle était difficile à digérer. Spielberg parti, c’est le cinéaste chinois Zhang Yimou qui reprend le flambeau. Le linge sale en famille.
 

Côté organisation, on mime le fair-play. La Chine dit regretter les remarques de Steven Spielberg, qu’elle juge « contraire à l’esprit olympique. Nous ne souhaitons pas voir un tel événement attendu par le monde entier, perturbé par des problèmes politiques » a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères. Reste que la décision de Spielberg pourrait laisser des traces. Le même jour que l’annonce du retrait de Spielberg, Richard Vaughan, un joueur de badminton anglais avait fait part de sa gêne de participer aux prochains JO : « il est très difficile de garder un silence poli face  à un conflit qui continue de coûter tant de vies ». Le Comité britannique olympique avait répondu du tac au tac : il était demandé aux athlètes d’éviter les sujet sensibles, sous peine d’exclusion. Motus et bouche cousue, l’important, c’est de participer.7a05854a94142b974ebb5ea64d1152c0.jpg

 

 

 

 

14 février 2008

Ô Serpico


Devant l’affligeance des sorties cinéma de cette semaine, Vladimir Illitch Oulianov, alias Lénine se serait  sans doute poser la même question : Que faire ? Ecouter Michel Sardou. Lénine, relève-toi, ils sont devenus fous. Ou retourner aux classiques.

5876b856ffd016325b6bde5c936def8f.jpgC’est ce que j’ai fait. Hier était programmé Serpico, film de Sydney Lumet sorti en 1973. Sydney Lumet, c’est Douze hommes en colère, un après-midi de chien, et plus récemment l’Avocat du diable. Franck Serpico est le nom d’un policier new-yorkais. Rare, le good cop est joué par Al Pacino. Fraîchement sorti de l’académie de police, il fait ses classes dans les quartiers mal famés de la Grosse Pomme. Il y observe les pratiques de ses collègues, qui rançonnent les criminels pour arrondir leurs fins de mois. Le ver est dans le fruit. Serpico refuse à chaque fois l’argent, jusqu’à s’attirer l’animosité des autres flics. Seul contre tous, il s’enferme dans une paranoïa qui prend le pas sur sa pe1e9a172f98dbdf514f39773b24e8c274.jpgrsonnalité lumineuse : lui préfère les soirées de Greenwich Village aux journées au bureau de police. Muté inspecteur, il change de look, penche vers le flower power, se laisse pousser la barbe. Figure christique de la police new-yorkaise version 70’, il devient rapidement le bouc émissaire de toute son unité. Serpico tient, jusqu’à décider de témoigner des mauvaises pratiques de la police new-yorkaise. Dans un monde de flics ripous, lui, le marginal au look de « junkie » impose par sa simple présence au commissariat une morale bafouée. Dans son combat, c’est plus à Don Quichotte que Frankie ressemble. Il le dit, il voudrait être seul à la tête de la police, « huit flics comme moi, et il n’y a plus de crimes à New York ». A défaut de moulins, il se bat contre sa hiérarchie administrative qui refuse de reconnaître ses propres dérives. Une histoire vraie. 

La prestation d’Al Pacino nous donnerait presque envie d’être de la maison. Rarement un flic a été peint de cette manière, redresseur de torts malgré lui. D’un tel charisme. La musique entre trompettes jazzy et mandolines italiennes donne au tout un cachet d’époque, ce film est un classique.


 

13 février 2008

Du cinéma, ça ?

La publicité fait souvent preuve de créativité. D’ailleurs, un bon nombre de réalisateurs en vient. Pour n’en citer que deux, David Fincher, et Alejandro Gonzalez Inarritu. Ce dernier, dont les films sont désormais salués dans les festivals du monde entier avait décidé en 2001 de participer à la série The Hire. Le projet était publicitaire avant tout, sponsorisé par la marque automobile BMW. Cinq courts-métrages ont été réalisés la première année, mettant en scène à chaque fois un conducteur (The Driver joué par Clive Owen) et sa voiture. Après John Frankenheimer, Ang Lee, Wong Kar-Wai et Guy Ritchie, le réalisateur mexicain a joué le jeu pour BMW. En dix minutes, raconter une histoire, avec comme contrainte, vanter les performances du bolide. Un exercice de style pour le cinéaste. 

Voici le film, Powder Keg (Poudrière)

 

Le projet a été reconduit l'année suivante. John Woo, Joe Carnahan, et Tony Scott ont chacun leur tour réalisé un épisode de la série. Les huit films étaient vendus sur un même Dvd, The Follow pendant trois ans, exclusivement commercialisée par BMW. Depuis 2005, ils ne sont plus distribués.

12 février 2008

Astérix et périls

Paul, grand amateur de la bande-dessinée de Goscinny et d'Uderzo donne son avis sur Astérix et Obélix aux Jeux Olympiques.

On l'écoute :

podcast

 

Astérix et le Box-Offix -la suite

cb29fe003e57076e60cf3f5bf269ce26.jpgLe « cinéma populaire français » a-t-il un avenir ? Au sens où l’entend Thomas Langmann, producteur et co-réalisateur du dernier Astérix, on espère que non.

Les aventures des irrésistibles gaulois ont une nouvelle fois été portées à l’écran. Gérard Depardieu incarne encore Obélix, remarquez le personnage lui va plutôt bien. Une affaire de boisson. Quant au personnage d’Astérix, il a été l’objet d’intenses tractations durant le mercato. C. C. remplace C.C., Clovis Cornillac à la place du regretté Christian Clavier qu’on annonce sur une liste municipale UMP pour bientôt.

Le film est le plus cher de l’histoire du cinéma français : 78 millions d’euros. Toujours pour les chiffres, il a réalisé le quatrième meilleur démarrage de première semaine: 3 millions de spectateurs se sont déplacés pour vibrer aux exploits sportifs des deux acolytes gaulois. C’est toutefois moins qu’Astérix et Obelix : Mission Cléopâtre, qui avait attiré 3,5 millions de personnes pendant la première semaine. Depuis, c’est la perte de vitesse. Seulement 1,1 millions de spectateurs en plus la deuxième semaine.

Thomas Langmann a du souci à se faire. La barre des 10 millions d'entrées sera difficilement atteinte. Même si le film marche assez bien à l'étranger, notamment en Allemagne (4 millions d'euros de recettes) et en Espagne (2 millions), le pari risqué du producteur sera difficile à tenir. Certes, les vacances scolaires démarrent et devraient booster la fréquentation des salles. On attend de voir. Une seule chose, on espère qu'il n'y aura pas autant de films que d'albums. 

 

Mafia blues

Mais où sont passés les Parrains, les Affranchis, et les Incorruptibles ?

Pour les inconditionnels, voici la BO du Parrain :  

 
Vous n'alliez au cinéma que pour pour entendre l'italo-américain, se souvenir de Marlon Brando et de ses bajouts et trésaillir devant les sursauts nerveux de Joe Pesci...

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Au menu du cinéma d'aujourd'hui, pas grand chose à se mettre sous la dent. Scorsese s'est attaqué récemment à la mafia irlandaise de Boston avec ses Infiltrés. Le film manquait un peu de souffle, sans doute à cause du faible charisme des acteurs principaux, Leonardo DiCaprio, Matt Damon et Mark Wahlberg. Au final, l'oscar qu'a obtenu Scorsese grâce à son film ressemblait plus à un hommage de fin de carrière qu'une récompense pour son travail de réalisation. Réaction...

 

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En novembre dernier, Ridley Scott a tenté le coup avec American Gangster. La distribution était cette fois-ci assurée par Denzel Washington et Russel Crowe. Le face-à-face a plutôt bien fonctionné, le film assez bien marché. Pas mal, mais on attendait peut-être un peu plus de la rencontre de ces deux acteurs. L'histoire est globalement la même que celle du film de Scorsese, et de tant d'autres. Deux hommes s'affrontent, l'un incarne le bien, mais un bien agité de ses démons intérieurs. L'autre personnifie le mal, à la perfection. S'oppose le flic alcoolique et marginal, figure tutélaire d'une norme plus vraiment intangible et le gangster, businessman nageant en plein rêve américain. Ce shéma, on commence à rêver qu'il soit dépassé. 

La bonne surprise est venu du froid canado-sibérien. David Cronenberg a réussi avec Eastern promises à nous rendre l'atmosphère d'un quotidien russe à Londres, chez les mafieux Vory V Zakone. Nous faisons intrusion dans ce monde ultra-violent par l'entremise d'une infirmière anglaise d'origine russe, Anna. Elle recueille un bébé dont la mère vient de mourir. Ce qui la mène directement chez Semyon et Kirill, père et fils, dont l'occupation ne se borne pas seulement à la gestion d'un restaurant russe, réchauffer le borch et servir la vodka. L'homme de main des deux mafieux, Nikolai, interprété par Viggo Mortensen se charge des tâches ingrates qu'implique l'activité criminelle de ses patrons. Il se revèlera finalement plus ambitieux qu'il n'y paraît. Eastern Promises, les Promesses de l'Aube en francais (là-encore, pourquoi l'Aube et non pas l'Est ? ) se regarde comme la suite du précédent opus de Cronenberg, A history of violence. On y retrouve la même thématique : le rapport que nous spectateurs entretenons avec la violence. Une fois confrontés à elle, nos réflexes disparaissent, nous réagissons de manière insoupçonnée. C'et vrai, la piste qu'explore Conenberg ressemble à un sentier battu et rebattu, mais il l'explore avec modestie. Pas de folie des grandeurs chez Cronenberg, l'unité de lieu et de temps prédomine. C'est mieux.

 

 

Astérix et le Box-Offix

Box-Offix : rendons à César ce qui est à César, le jeu de mot est de LCI

Le blockbuster français "Astérix aux Jeux Olympiques" fait beaucoup parler. Sorti le 30 janvier dernier, la barre des 3 millions d'entrées est aujourd'hui dépassée. Le point sur le film, les polémiques autour de sa promotion, les critiques et les réactions dans les salles. 

11 février 2008

La loi des séries

Chaque dimanche, depuis des lustres, les téléspectateurs francais pouvaient se réjouir au moins d'une chose. Vivement le film de 20h50 sur TF1. Le simple jingle lancé, et c'était tout un peuple téléphage qui voyait sa soirée commencer sous les meilleurs auspices télévisuels.Mais voilà, 2007 reste et restera une année noire. Là encore, la mécanique du profit l'a emporté. Les séries, plus rentables que les films, ont fait leur entrée sur la case prime time dimanche. Pour Etienne Mougeotte, encore vice-président de la chaîne à l'époque, il s'agissait de "renforcer son leadership le dimanche soir". Lui et son pool chargé de la programmation se sont empressés de commander une pelleté de séries américaines : Les experts, Grey's Anatomy, Dr House et consorts.


2d8a8ec2268e957336d5c78888218e45.jpgOr, depuis la rentrée de septembre dernier, la Une ne programme plus de "films du dimanche". Le 3 septembre dernier, "Les experts CSI : Crime, Scène, Investigation"  ont eu raison du sacro-saint rendez-vous dominical. Un précédent. Ces mêmes experts ont monopolisé le petit écran pendant des semaines. Trois épisodes par soir. Et ce n'est pas encore terminé. Du 23 au 26 février, trois soirées leur seront consacrées. A vos agendas, le 23, ils seront à Manhattan, le dimanche 24, ils feront escale à Las Vegas, et le mardi suivant, ils seront à Miami. Experts en gavage.

 

Le générique est à l'image de la série. 

En France, on ne touche pas impunément à la grande messe cathodique. Si les séries charrient toujours leur flots de fans, les vrais défenseurs du PAF ont tout intérêt à faire se lever leurs boucliers. Le film du dimanche soir doit revenir. Premier signe "Le seigneur des anneaux : les deux tours" a été programmé le dimanche 25 décembre. "Il y aura du nouveau du cinéma et des séries à la fin des Experts" avait-on promis du côté de la chaîne. Devant la crise d'audience de la Une, une réflexion sur la refonte de la grille des programmes du dimanche soir est engagée. Esperons qu'elle aille dans le sens de plus cinéma grand public sur la première chaine française. 

 

La couenne des Coen

5830e51c75bca3219c1fff615c5a9c48.jpgLe Texas est une région hostile. On connaissait Dallas et son univers impitoyable. Les frères Coen en ont fait l’enfer sur terre. Les hommes n’y vivent pas vieux, c’est le titre du film. En français dans le texte, le titre "No country for old men" donne un remarquablement lourd "Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme". Pourtant, l’un de ces hommes-ci a survécu, Tom Bell, le shérif, incarné par Tommy Lee Jones. C’est bercé par son accent texan qu’on entre dans le désert. Bell nous parle d’une rencontre. 

Llelewyn Moss (Josh Brolin), chasseur à ses heures, découvre dans la plaine une mallette de deux millions de dollars. Il s’en empare. A côté de la mallette gisent inertes les trafiquants mexicains, à qui appartient l’argent. Commence une chasse à l’homme entre le gentil voleur, et le tueur à gages qui s’est chargé de récupérer les deux millions. Schéma classique. Un western s’annonce, avec ses santiags, ses cow-boys, et son soleil. Seulement voilà, le tueur à gages, joué par un Javier Bardem survolté est un fou, en plus d’être dur au mal.

D'une road novel de Cormac MacCarthy, les Coen en ont fait un thriller tendance western. Du sang et de la poudre, les réalisateurs américains ont renoué avec l'ambiance ensoleillée et déjantée d'un Raisin' Arizona, saupoudrée d'un glacage glaçant à la Fargo. La violence à la Coen sent le beurre de cacahuètes et les donuts. Elle n'est pas sociale comme elle a trop tendance à l'être aujourd'hui. Elle est humaine, ce qui la rend lointaine, plus symbolique. Le film tourne au conte. 

Comme toujours chez les Coen, les face-à-face entre personnages sont magistraux. No country for old men n’y échappe pas. Les dialogues à la sauce texane servent de bande-son à ce film sans musique. O’Brother est bien loin. Ici, la fin est noire. Sous un soleil de plomb, le shérif nous rappelle qu’on se retrouve toujours à mourir.

  

 

 

Critique de la critique

Comme si la critique était réservée aux experts, ces fins limiers du 7ème art.

Vous n'avez jamais vu les films de Frank Capra, vous ne connaissez pas l'oeuvre d'Ernst Lubitch, vous ne savez pas qui est Rainer Werner Fassbinder

Moi non plus.

Ce blog est ouvert à tous ceux qui sont allés au moins une fois au cinéma dans leur vie, ceux qui aiment les films nuls, ceux qui détestent les bons films.

A vos commentaires,

 
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